Home / Sud-Kivu / Kamituga : Le réveil tragique d’une mère ivre

Kamituga : Le réveil tragique d’une mère ivre

L’année 2026 commence sous le sceau de l’effroi dans l’est de la République démocratique du Congo. Alors que les derniers échos des festivités du Nouvel An s’estompaient à peine, la ville minière de Kamituga, située dans le territoire de Mwenga, a été secouée par un drame domestique d’une violence symbolique inouïe.

Une nuit de fête, un matin de deuil

Le 1er janvier, dans le quartier Ratch, la célébration a basculé dans l’horreur. Une jeune mère, plongée dans un état d’ébriété avancé après les réjouissances de la Saint-Sylvestre, s’est effondrée de sommeil sur son nouveau-né. Le verdict du réveil est sans appel : le nourrisson, écrasé sous le poids de sa génitrice, a succombé par asphyxie.

Ce n’est qu’au petit matin que la tragédie a été découverte, plongeant le voisinage dans une stupeur mêlée de colère. À Kamituga, où la vie est déjà rude, ce fait divers est perçu comme le symptôme d’un mal plus profond qui ronge la structure sociale.

Le fléau de l’alcoolisme au féminin

Au-delà de l’émotion, ce drame libère la parole sur un sujet longtemps resté tabou : l’explosion de la consommation d’alcool, et plus particulièrement chez les femmes dans les centres miniers du Sud-Kivu. « Ce n’est plus un incident isolé, c’est un signal d’alarme », s’insurge un notable local.

Dans le quartier Ratch, les voix s’élèvent pour dénoncer une dérive comportementale alimentée par la prolifération de boissons artisanales à fort degré alcoolique, souvent vendues à vil prix. Les habitants, révoltés par cette « attitude irresponsable », exigent désormais des autorités une « sanction exemplaire » pour la mère, mais aussi une reprise en main vigoureuse des services de l’ordre.

L’urgence d’une réponse sécuritaire et sociale

L’incident relance le débat sur la régulation de la vente d’alcool dans ces zones enclavées. Pour beaucoup, la police et la justice doivent faire preuve de fermeté pour freiner l’augmentation de l’alcoolisme qui, disent-ils, « détruit les familles de l’intérieur ».

Entre la condamnation morale et l’appel à la répression, la mort de ce nouveau-né à Kamituga devient le procès d’une société qui semble perdre ses repères au fond d’un verre. En attendant l’ouverture d’une enquête officielle, le quartier Ratch porte le deuil d’un enfant qui n’aura connu de l’année 2026 que ses premières heures de débauche.

Salomon BIMANSHA

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *