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La RDC au Conseil de Sécurité de l’ONU : Une « Mission Majeure », pas une Récompense

La République Démocratique du Congo a officiellement pris ce vendredi ses fonctions de membre non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, pour un mandat de deux ans. Un événement symbolique pour ce géant d’Afrique centrale, longtemps au cœur des préoccupations de l’instance suprême de l’ONU, et qui s’apprête désormais à peser sur les décisions mondiales en matière de paix et de sécurité. L’ambassadeur de la RDC auprès des Nations unies, en présence de la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a pris place pour la première fois autour de la table mythique.

« Pas une récompense, mais une mission »

Le ton a été donné avec clarté par la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, lors d’un point de presse précédant la première séance. « Notre présence ici n’est pas une récompense pour le chemin parcouru, aussi difficile fut-il », a-t-elle déclaré d’une voix ferme, en référence aux décennies de conflits et d’instabilité qui ont jalonné l’histoire de son pays. « C’est une mission, une responsabilité immense que la communauté internationale nous confie et que nous abordons avec gravité et détermination. »

Cette insistance sur le caractère « missionnaire » plutôt que « gratifiant » de l’intégration au Conseil de Sécurité est révélatrice de la volonté de Kinshasa de rompre avec une image de pays assisté ou simplement bénéficiaire de l’aide internationale. La RDC entend désormais se positionner comme un acteur à part entière, capable d’apporter sa pierre à l’édifice de la paix mondiale.

Les priorités de Kinshasa : De la stabilité régionale à la réforme de l’ONU

La Ministre Kayikwamba Wagner a esquissé les grandes lignes de l’action de la RDC au sein du Conseil. Sans surprise, la stabilité régionale en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs figurera en tête des préoccupations congolaises. « Nous avons une expérience unique des dynamiques de conflits transfrontaliers, des défis liés aux groupes armés non étatiques et de la nécessité d’une coopération régionale robuste », a-t-elle souligné. La voix de la RDC sera donc précieuse pour éclairer les débats sur des crises similaires ailleurs sur le continent.

Au-delà de son voisinage immédiat, Kinshasa souhaite également porter la voix de l’Afrique sur des enjeux globaux. La ministre a notamment évoqué la nécessité d’une réforme du Conseil de Sécurité lui-même. « Il est impératif que cette instance reflète mieux les réalités géopolitiques du XXIe siècle, avec une représentation plus juste de l’Afrique », a-t-elle plaidé, faisant écho à une demande de longue date de l’Union africaine pour l’obtention de sièges permanents.

La RDC entend également mettre l’accent sur le lien entre sécurité et développement, arguant que la paix durable ne peut être atteinte sans une lutte efficace contre la pauvreté, les inégalités et les effets du changement climatique. « Les défis climatiques sont des multiplicateurs de menaces pour la sécurité », a affirmé Thérèse Kayikwamba Wagner, rappelant le rôle crucial de la RDC en tant que « poumon vert » de la planète.

Un symbole fort, mais des défis persistants

L’entrée de la RDC au Conseil de Sécurité est sans conteste un symbole fort. Elle couronne des années d’efforts diplomatiques et témoigne d’une reconnaissance de la stature croissante du pays sur la scène internationale, malgré les défis internes persistants, notamment dans l’Est du pays. La présence continue de la MONUSCO, la mission de maintien de la paix de l’ONU en RDC, rappelle la complexité de la situation sécuritaire sur le territoire congolais.

Cependant, cette position offre à la RDC une plateforme inédite pour influencer les décisions, partager son expertise et défendre ses intérêts, ainsi que ceux du continent africain. Le chemin sera semé d’embûches, entre les jeux d’influence des grandes puissances et la complexité des dossiers internationaux. Mais, à en croire la détermination affichée par Thérèse Kayikwamba Wagner, Kinshasa est prête à relever le défi. L’année 2026 marquera sans doute un nouveau chapitre pour la diplomatie congolaise, désormais au cœur des enjeux mondiaux.

Salomon BIMANSHA

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