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Télécoms en RDC : Le coup de sang de Félix Tshisekedi

C’est une colère froide qui s’est invitée au sommet de l’État. Excédé par la dégradation persistante de la qualité des services de télécommunications et les écrans noirs de la télévision numérique terrestre (TNT), le président congolais tape du poing sur la table. Entre menaces de sanctions et exigence de résultats, le chef de l’État place les opérateurs et les régulateurs sous haute surveillance.

C’est un constat que chaque Congolais fait quotidiennement, smartphone en main : appels qui coupent, connexion internet erratique et une offre de télévision numérique qui ressemble plus à un mirage qu’à une révolution technologique. Mais cette fois, le ras-le-bol est remonté jusqu’aux oreilles de la Cité de l’Union Africaine.

« Inacceptable et intolérable »

Lors du dernier Conseil des ministres, Félix Tshisekedi n’a pas utilisé de circonlocutions. Pour le chef de l’État, la situation actuelle est « préjudiciable » à l’économie nationale et à la vie sociale des citoyens. Alors que la RDC ambitionne de faire du numérique un levier de croissance, la réalité du terrain offre le spectacle d’une infrastructure défaillante.

Le Président a pointé du doigt un paradoxe insupportable : alors que les tarifs restent élevés, la qualité de service, elle, décline. Un déséquilibre qui ne passe plus. Mais au-delà des opérateurs privés, c’est l’inertie des services de l’État chargés du contrôle qui semble avoir provoqué l’ire présidentielle.

L’heure des comptes

Le message est clair : la récréation est finie. Félix Tshisekedi a instruit les ministres sectoriels, notamment celui des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PTNTIC), de procéder à une évaluation rigoureuse du cahier des charges des opérateurs.

« Les responsables inactifs devront répondre de leurs manquements », a martelé le Président.

Cette mise en demeure ne s’adresse pas qu’au secteur privé. Elle vise également les instances de régulation (ARPTC) et les gestionnaires de la TNT, sommés de justifier les zones d’ombre qui persistent sur le territoire national. Pour le pouvoir, il s’agit de restaurer l’autorité de l’État sur un secteur stratégique où le laisser-aller semble être devenu la norme.

Un enjeu de souveraineté

Derrière la grogne technique se cache un enjeu politique et de souveraineté. À l’heure où la désinformation circule plus vite que la fibre optique, l’accès à une information de qualité via la TNT et à un réseau télécom stable est une question de sécurité nationale.

Les opérateurs sont désormais prévenus : le Chef de l’État attend un plan de redressement urgent. Dans le cas contraire, la panoplie des sanctions — allant des amendes records au retrait pur et simple des licences — pourrait être activée. À Kinshasa, on murmure que le temps de la diplomatie avec les géants des télécoms est révolu. Place à la fermeté.

Salomon BIMANSHA

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