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Congo Airways : Le pari risqué du « vétéran » des airs

RÉCIT. La compagnie nationale congolaise vient de réceptionner un Airbus A320 affichant 36 ans au compteur. Entre soulagement opérationnel et interrogations sécuritaires, plongée dans les coulisses d’une acquisition qui fait jaser.

C’est une image que le gouvernement congolais aurait voulu triomphante : un Airbus A320 touchant le tarmac de l’aéroport international de N’Djili samedi dernier, sous l’œil des caméras. Pourtant, derrière le vernis de la « relance », les chiffres donnent le vertige. Cet appareil n’est pas un perdreau de l’année. Né en 1989, l’année de la chute du mur de Berlin, ce géant de métal entame sa 36ème année de service sous les couleurs de Congo Airways.

Un globe-trotter au CV bien rempli

Ce n’est pas un achat, mais un leasing (location). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’oiseau a vu du pays. Selon les bases de données spécialisées, cet A320 est l’un des plus anciens exemplaires encore en activité commerciale sur la planète. Son carnet de bord ressemble à un manuel de géographie aéronautique :

  • Les années américaines : Débuts chez Braniff, passage chez America West Airlines et US Airways.
  • L’escale africaine et orientale : Sénégal Airlines, Fly Baghdad (Irak), Jubba Airways (Somalie).
  • Le dernier virage : Corendon Airlines (Turquie) et enfin Global Aviation (Afrique du Sud), son propriétaire actuel.

La maintenance au défi de l’âge

Si, dans l’aérien, « vieux » ne veut pas forcément dire « dangereux » (tout dépend de la rigueur de l’entretien), l’exploitation d’un tel ancêtre pose de sérieuses questions de rentabilité et de logistique. Pour les experts du secteur, le diagnostic est sans appel :

Risques & Défis ,Conséquences opérationnelles Maintenance Facture alourdie par la rareté de certaines pièces et la fréquence des révisions.

Carburant Moteurs d’ancienne génération, véritables « gouffres » à kérosène.

Fiabilité Probabilité accrue de pannes techniques impromptues (AOG).

Image Un signal complexe envoyé aux passagers sur la modernisation de la flotte.

Silence radio à la direction

En interne, on tente de rassurer. Ce renfort est jugé vital pour une compagnie qui luttait ces derniers mois pour maintenir son programme de vols avec une flotte réduite à peau de chagrin. Sollicitée par notre rédaction, la direction de Congo Airways a promis une réaction officielle « dans les prochaines minutes ».

Le ciel congolais, habitué aux turbulences financières, observe ce nouveau venu avec un mélange d’espoir et de scepticisme. Dans un secteur où la moyenne d’âge des flottes des grandes compagnies africaines (Ethiopian, Kenya Airways) tend à baisser, le choix de la RDC ressemble à une solution d’urgence. Reste à savoir si ce « vétéran » tiendra la distance sans plomber les comptes d’une compagnie déjà fragile.

Salomon BIMANSHA

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