Alors que la République démocratique du Congo reste meurtrie par trois décennies de conflits, l’ambassadeur de la paix Clément Kitengye-Kisaka dénonce les calculs politiciens et appelle à un sursaut patriotique radical. Pour lui, l’heure n’est plus aux alliances de circonstance, mais à l’union sacrée.

C’est un constat amer, doublé d’un appel à la résistance morale. Dans un paysage politique congolais trop souvent marqué par la transhumance et les retournements de veste — ce que les observateurs locaux nomment avec ironie le « nomadisme politique » — une voix s’élève pour siffler la fin de la récréation. Me Clément Kitengye-Kisaka, ambassadeur de la paix, ne mâche pas ses mots face à ce qu’il perçoit comme une érosion dangereuse du socle national.
L’intérêt supérieur contre les « égos belliqueux »
Pour Me Kitengye-Kisaka, le contexte de guerre d’agression que subit la RDC depuis plus de trente ans ne tolère plus l’ambiguïté. Dans une adresse solennelle, il a exhorté ses compatriotes, et particulièrement les Kinois, à un changement radical de logiciel mental.
« Changeons radicalement nos mentalités, quelles que soient nos tendances politiques, pour la conservation intégrale de notre chère patrie et non pour la sacrifier afin d’assouvir des égos belliqueux », a-t-il martelé.
Le message est clair : la politique ne doit plus être le véhicule d’ambitions personnelles démesurées, mais l’instrument du salut public. Derrière cette charge, on devine une critique acerbe de ceux qui, au gré des vents et des intérêts, fragilisent l’édifice national au détriment de l’intérêt général.
Rebâtir le socle patriotique
L’analyse de l’homme de paix va au-delà de la simple joute verbale. Il dresse le diagnostic d’une « destruction minutieuse » des valeurs qui fondaient autrefois l’identité congolaise. Trente ans de conflits n’ont pas seulement ravagé les infrastructures ; ils ont aussi, selon lui, produit des « démolisseurs idéologiques » qu’il convient désormais de stopper.
Pour contrer cette dérive, Me Kitengye-Kisaka propose une définition exigeante du patriotisme :
- Un héritage : Le sentiment d’être l’héritier d’un territoire géographique riche.
- Un dévouement : Le passage de l’individu au citoyen capable de sacrifice.
- Une hiérarchie des valeurs : Placer la patrie au-dessus des intérêts particuliers.
L’identité congolaise au défi de l’histoire
En conclusion de son plaidoyer, Kisaka rappelle que l’appartenance à la nation congolaise ne se résume pas à une carte d’identité, mais à une capacité d’abnégation. « Être Congolais, c’est être capable de placer son identité de patriote au-dessus du reste quand le destin du pays vous y invite », affirme-t-il.
Dans un climat où la cohésion nationale est le dernier rempart contre la balkanisation et l’instabilité, cet appel au « patriotisme inclusif » résonne comme une ultime mise en demeure pour la classe politique. Reste à savoir si, dans le tumulte de Kinshasa, la voix de la raison saura l’emporter sur celle des opportunismes.
Salomon BIMANSHA
