Home / Politique / RDC : Félix Tshisekedi, l’ENA et le rêve d’un État stratège

RDC : Félix Tshisekedi, l’ENA et le rêve d’un État stratège

DÉCRYPTAGE. Le chef de l’État a célébré les dix ans de l’École nationale d’administration. Entre solennité et impératif de résultats, la RDC parie sur une nouvelle élite pour transformer sa fonction publique.

C’est dans l’écrin moderne du Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale que le destin de l’administration congolaise s’est joué ce mardi. Sous les lustres de la République, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a présidé une cérémonie doublement symbolique : la sortie de la 9ᵉ promotion — baptisée « Mamadou Ndala » — et l’accueil de la 10ᵉ. Plus qu’un simple passage de témoin, l’événement marquait la première décennie de l’ENA RDC, ce laboratoire d’excellence censé forger les futurs gardiens de l’État.

L’intelligence comme boussole

Dans une atmosphère oscillant entre la rigueur protocolaire et l’enthousiasme de la jeunesse, le directeur général de l’école, M. Tombola Muke, a donné le ton. Sa thèse ? Le développement n’est pas un accident de l’histoire, mais le produit d’une méthode. « Les nations ne se développent pas par hasard mais par la compétence », a-t-il martelé, érigeant l’intelligence et l’excellence en piliers du service public.

Depuis sa création, l’institution a déjà injecté 842 « Énarques » et administrateurs civils dans les rouages du pays. Recrutés sur concours et formés sans concessions, ces cadres représentent, selon le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, le fer de lance de la réforme de l’État.

Le signal fort de « Fatshi »

Pour la quatrième fois consécutive, le Chef de l’État a tenu à marquer l’événement de sa présence. Pour Jean-Pierre Lihau, ce n’est pas là une simple coquetterie de calendrier, mais un « acte politique majeur ». En s’affichant aux côtés des futurs hauts fonctionnaires, Félix Tshisekedi envoie un message clair : la refondation de la nation passe par la qualité de son capital humain.

Le Président a lui-même enfoncé le clou lors de son discours de circonstance. « Un État fort ne se décrète pas : il se construit », a-t-il rappelé, listant ses priorités : une chaîne de commandement lisible, des procédures simplifiées et, surtout, une éthique rigoureuse couplée à une culture du résultat.

Le défi de la territorialisation

Mais le chantier ne s’arrête pas aux salons kinois. Le regard déjà tourné vers l’avenir, le Président a appelé de ses vœux une « territorialisation » de l’ENA. L’idée est d’irriguer les provinces et les entités décentralisées avec ce sang neuf. C’est là, loin des centres de pouvoir, que se joue quotidiennement la confiance du citoyen envers ses services publics.

En recevant des mains du Vice-Premier ministre l’annuaire retraçant le parcours de ces 842 serviteurs de l’État, Félix Tshisekedi a matérialisé l’un de ses engagements phares. Reste désormais à transformer l’essai : faire en sorte que ces technocrates de la nouvelle ère fassent de l’administration congolaise une machine de guerre au service de l’émergence.

Salomon BIMANSHA

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *