
C’est un communiqué d’une rare violence verbale, à la mesure du traumatisme subi. Le Tout Puissant Mazembe, club mythique de la République démocratique du Congo, dénonce le « chaos total » et la « brutalité pure » qui ont conduit à l’arrêt définitif du derby face au FC Saint-Éloi Lupopo ce dimanche. Entre pratiques fétichistes et destructions massives, le stade de Kamalondo a basculé dans l’irrationnel.


L’image est dévastatrice pour le football congolais. Ce qui devait être une fête du sport, le célèbre derby de Lubumbashi, s’est transformé en un théâtre de désolation. Dans un communiqué officiel publié ce 9 mars 2026, la direction du TP Mazembe ne mâche pas ses mots pour décrire l’innommable : un envahissement de terrain massif, des projectiles pleuvant sur les joueurs et, plus surréaliste encore, des scènes de « pratiques fétichistes » jusque dans les cages du gardien de but.
L’indécence au sommet
Selon le club présidé par Moïse Katumbi, la tension est montée dès les premières minutes de la rencontre. Mais c’est à la mi-temps que le point de non-retour a été franchi. Des « hordes de supporters » de Lupopo auraient envahi la pelouse, se livrant à des rituels mystico-religieux, allant jusqu’à l’indécence la plus totale. Face à cette « furie destructrice », les forces de l’ordre ont semblé dépassées, rendant la reprise du match impossible.
Le bilan matériel, dressé avec une précision chirurgicale par le secrétariat général du club, est accablant :
- Plus de 500 sièges arrachés ;
- Des véhicules caillassés dans l’enceinte même du stade ;
- Des grilles de séparation et des portails enfoncés ;
- Plusieurs blessés signalés parmi les spectateurs et le personnel.
Une « trahison morale »
Au-delà des dégâts physiques, c’est l’ingratitude qui semble blesser le « Tout Puissant ». Le stade de Kamalondo est en effet le seul de RDC actuellement homologué par la FIFA et la CAF pour les compétitions internationales. Le TP Mazembe rappelle, avec une amertume non feinte, qu’il met gracieusement ses installations à la disposition des autres clubs congolais, y compris son rival Lupopo, pour leurs matchs continentaux.
« Cette ingratitude est aussi révoltante qu’incompréhensible. Elle constitue une trahison morale que le TP Mazembe ne saurait tolérer », assène le communiqué signé par Frédéric Kitengie Kinkumba.
L’heure des comptes
Le club exige désormais des sanctions exemplaires. Alors qu’une rencontre internationale doit se tenir dans ce même stade d’ici une semaine, l’urgence est à la fois sécuritaire et disciplinaire. Le TP Mazembe demande à la LINAFOOT et à la Fédération congolaise de football (FECOFA) l’identification et la condamnation ferme des auteurs et commanditaires de ces actes de vandalisme.
Le football congolais, sport-roi dans le pays, se retrouve aujourd’hui déshonoré sur la scène continentale. Le TP Mazembe, qui a déjà transmis l’intégralité des images de vidéosurveillance aux autorités judiciaires, se réserve le droit d’engager des poursuites pour obtenir réparation intégrale. Une chose est sûre : le « fair-play » a quitté Lubumbashi hier soir, laissant place à un champ de ruines et à une honte nationale.
Salomon BIMANSHA
