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25 MARS : LE DEVOIR DE MÉMOIRE FACE À L’HORREUR TRANSATLANTIQUE

C’est une date gravée dans le marbre des Nations unies, mais dont l’écho résonne bien au-delà des travées de l’assemblée générale. Le 25 mars, la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique nous impose un exercice nécessaire : regarder en face quatre siècles de barbarie institutionnalisée.

Le poids de l’histoire : 15 millions de destins brisés

L’image est frappante, presque insoutenable : un homme enchaîné, le regard clos sur une douleur que les siècles ne parviennent pas à effacer. Derrière lui, la silhouette spectrale d’un navire négrier. Ce n’est pas seulement une affiche, c’est le rappel d’un système qui fut, selon les mots de l’UNESCO, « la plus grande déportation de l’histoire de l’humanité ».

Entre le XVIe et le XIXe siècle, on estime que plus de 15 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été arrachés au continent africain. Entassés dans les cales de navires transformés en prisons flottantes, ils ont traversé l’Atlantique pour alimenter l’économie de plantation des Amériques et des Caraïbes.

Une idéologie de la déshumanisation

Ce qui distingue la traite transatlantique des autres formes de servitude dans l’histoire, c’est sa codification juridique et sa justification raciale. En France, le tristement célèbre Code Noir (1685) réduisait l’être humain à l’état de « bien meuble ».

« L’esclavage n’était pas seulement une tragédie économique, c’était une faillite morale absolue, où le profit l’emportait sur l’âme humaine. »

Aujourd’hui, l’affiche « Honorons leur mémoire » souligne l’importance de ne pas laisser ces victimes dans l’anonymat de la statistique. Derrière chaque chaîne brisée, il y a une résistance : celle des marrons, des insurgés de Saint-Domingue et des abolitionnistes qui ont fini par faire plier le système.

Le défi contemporain : l’ombre portée du passé

Pourquoi célébrer cette journée en 2026 ? Parce que les cicatrices sont encore vives.

  1. L’héritage du racisme : Les préjugés utilisés pour justifier l’esclavage ont survécu à son abolition, alimentant encore aujourd’hui les discriminations systémiques.
  2. L’esclavage moderne : Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), près de 50 millions de personnes vivent encore aujourd’hui dans des conditions d’esclavage moderne (travail forcé, mariages forcés).
  3. Le débat sur les réparations : Un sujet qui continue de diviser les chancelleries occidentales et les anciennes colonies.

L’analyse de Bimanshainfo

Honorer la mémoire n’est pas seulement un acte de repentance, c’est un acte de vigilance. En nous souvenant des chaînes d’hier, nous nous armons contre les servitudes de demain. Le 25 mars n’est pas une simple commémoration ; c’est un rappel que la liberté, si durement acquise, reste un combat quotidien.

Salomon BIMANSHA

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