Reçu sur le plateau de l’émission Univers Café par le journaliste et présentateur Salomon Bimansha, l’honorable Laddy Yangotikala a livré une analyse sans concession sur la situation sanitaire et géopolitique du pays. Revenant sur ses déclarations faites à la tribune de l’Assemblée nationale lors de la session extraordinaire de mai, le parlementaire persiste et signe : la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola qui touche la République Démocratique du Congo ne relève pas d’un simple aléa sanitaire, mais constitue une véritable « bombe biologique ».
Une manœuvre de déstabilisation diplomatique
Selon le député national, cette urgence sanitaire tombe à un moment critique pour saper les avancées diplomatiques enregistrées par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. En appliquant les préceptes du général Sun Tzu — gagner la guerre sans tirer un seul coup de feu —, le président de la République avait réussi à marquer des points décisifs, concrétisés par la signature d’accords stratégiques avec les États-Unis en décembre dernier.
L’accord prévoyait l’arrivée massive d’investisseurs américains pour l’exploitation et la transformation locale des minerais critiques (or, cobalt, coltan, cuivre) et la création de nombreux emplois. Pour l’honorable Yangotikala, le surgissement des premiers soupçons d’Ebola dès février vise directement à paralyser ce partenariat :
« Une fois Ebola décrété dans un pays, les Américains ne vont pas venir, et les accords de Washington tarderont à être mis en application. C’est une bombe biologique venue des ennemis pour isoler la RDC sur le plan diplomatique. »
L’approche « One Health » et l’urgence institutionnelle
Face à ce qu’il qualifie de menace globale, le parlementaire appelle à une prise de conscience collective au sein de l’exécutif. Dépassant le cadre d’une gestion strictement sectorielle, il préconise l’intégration immédiate du ministère de l’Environnement dans la riposte, soulignant le caractère zoonotique et environnemental du virus.
Cependant, c’est sur le plan sécuritaire que l’élu formule sa demande la plus pressante : la militarisation de la riposte.
Appel solennel au Chef de l’État : militariser le cordon sanitaire
S’adressant directement à la haute autorité du Président de la République, Laddy Yangotikala sollicite l’implication directe des ministères de la Défense et de l’Intérieur aux côtés des équipes médicales déjà déployées :
- Verrouillage des voies d’accès : Déploiement de militaires aguerris et disciplinés aux points d’entrée et de sortie des villes et provinces touchées, notamment sur les axes fluviaux.
- Sécurisation des centres de soins : Renforcement de la présence militaire autour des hôpitaux et des Centres de Traitement d’Ebola (CTE) pour dissuader toute tentative de rétraction forcée des corps par les familles, pratique à haut risque de contamination.
Le spectre d’un confinement total de la capitale
Pour clore son intervention sur le plateau d’Univers Café, l’invité de Salomon Bimansha a lancé une mise en garde solennelle à la classe politique face aux conséquences désastreuses que provoquerait une propagation du virus jusqu’à la capitale Kinshasa.
En cas de crise majeure dans la capitale, aucune évacuation sanitaire ne sera envisageable par avion médicalisé, fermant ainsi toute issue d’urgence. Rappelant la nécessité d’assumer pleinement la vision stratégique du garant de la nation au-delà des simples slogans, l’honorable Yangotikala conclut sur l’urgence d’une mobilisation générale, prévenant que l’heure n’est plus à la simple récitation politique, mais à l’action disciplinée et rigoureuse.
Salomon Bimansha









