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L’Avenue Kapanga hurlante : La pluie n’a pas éteint l’incendie qui a décimé sept vies, cinq enfants tués dans leur sommeil.

L’avenue Kapanga, habituellement rythmée par les murmures nocturnes de la commune de Kinshasa, a été le théâtre, dans l’aube naissante de samedi, d’une tragédie d’une intensité insoutenable. Sous une pluie drue et glaciale, signe que le ciel lui-même pleurait, un incendie dévastateur a décimé une famille, arrachant sept âmes, dont cinq enfants, à la tiédeur de leur sommeil.

C’est une image d’apocalypse que les voisins ont découverte, impuissants. Vers 2 heures du matin, alors que le crépitement des flammes se mêlait au fracas des averses tropicales, la maison de la famille Kabembai s’est transformée en brasier. Le drame n’a laissé aucune chance aux plus fragiles. Cinq petits, dont on imagine encore les rires et les jeux dans la parcelle calcinée, ont été surpris par les fumées toxiques et l’avancée implacable du feu. Sept vies, une famille entière, rayées de l’existence.

Le Désespoir de Lievain Kabembai

Lievain Kabembai, le père, a tout perdu. Il a tout vu. Dans la confusion et la chaleur suffocante, il a lutté avec une énergie désespérée pour arracher les siens à l’étreinte des flammes. Il a échoué.

Lui et son épouse, miraculés d’un enfer qui a emporté leurs enfants et des proches, ont été retrouvés grièvement blessés. Brûlés, asphyxiés, mais surtout anéantis. Ils reposent désormais à l’ex-Maman Yemo, l’Hôpital général de référence de Kinshasa au service des soins intensifs. Le corps médical s’acharne à sauver leurs vies, mais qui sauvera leur esprit ? Leur survie s’annonce comme une longue descente aux enfers, celle de deux parents qui devront affronter un foyer désormais vide.

« Les cris étaient déchirants, puis le silence est tombé, un silence plus terrifiant que le feu », raconte sous le choc un voisin, la gorge nouée. Les efforts des riverains, armés de seaux et de courage, ont permis de circonscrire le sinistre, mais non de sauver la famille. À Kinshasa, la précarité des installations électriques, le manque d’infrastructures de lutte contre les incendies et la densité des habitations transforment trop souvent de tels incidents en catastrophe collective.

Aujourd’hui, il ne reste de la maison de Lievain Kabembai qu’un tas de cendres et de tôles tordues. Un tombeau à ciel ouvert qui témoigne de l’horreur. La police scientifique est sur place, cherchant l’origine exacte du sinistre, tandis que la communauté, sous le choc, s’unit dans le deuil. L’avenue Kapanga restera marquée du sceau de cette nuit tragique, où la vie de sept innocents a été emportée, laissant derrière elle une douleur brûlante et le lourd fardeau du souvenir pour deux survivants.

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