INTERNATIONAL. C’est dans le cadre élégant et hautement stratégique de la Galerie Bourbon, au cœur du XVIe arrondissement de Paris, que la diplomatie de la République démocratique du Congo (RDC) a choisi d’abattre ses cartes. L’ambassade de la RDC en France y a orchestré une prestigieuse réception pour marquer le coup d’envoi officiel de la campagne de Madame Juliana Amato Lumumba. Sa cible : le poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Signe éclatant de l’importance capitale que Kinshasa accorde à cette ambition, la cérémonie s’est déroulée sous le patronage direct et en présence de Madame Judith Suminwa Tuluka, Première ministre et cheffe du gouvernement congolais. Avec près de 49 millions de locuteurs du français selon l’OIF, la RDC s’impose désormais comme le pivot démographique et culturel de l’avenir de la langue française. En portant cette candidature, le géant d’Afrique centrale entend matérialiser son poids réel par un leadership politique accru, incarnant une Francophonie résolument jeune, populaire et projetée vers l’avenir.

Un parterre de haut vol à la Galerie Bourbon
Le Tout-Paris diplomatique et institutionnel s’était donné rendez-vous pour cet événement qui a pris les contours d’un mini-sommet. Autour de la Première ministre, l’exécutif congolais avait dépêché ses figures de proue : Thérèse Kayikwamba Wagner (Affaires étrangères, Coopération internationale, Francophonie et Diaspora), Yolande Elebe (Culture, Arts et Patrimoine), Patrick Muyaya Katembwe (Communication et Médias), ainsi que Crispin Mbadu Phanzu, ministre délégué spécifiquement en charge de la Francophonie. L’hôte de la soirée, l’Ambassadeur de la RDC en France, Son Excellence Émile Ngoy Kasongo, a orchestré ce rassemblement avec une précision d’orfèvre.
Mais au-delà des officiels de Kinshasa, c’est la présence massive de ministres, d’ambassadeurs et de plénipotentiaires issus de multiples autres nations francophones qui a conféré à cette soirée une stature internationale évidente. Un signal fort du capital de sympathie et de l’intérêt géopolitique que suscite la candidature de Juliana Amato Lumumba, portée par un puissant désir de fédérer l’espace francophone autour d’une dynamique plus proche des peuples.

« La République démocratique du Congo n’est pas seulement un grand pays francophone, elle est l’un des cœurs battants de la Francophonie contemporaine. Sa jeunesse, sa diversité culturelle et son dynamisme en font un acteur légitime pour contribuer à l’avenir de notre organisation commune. » — S.E. Émile Ngoy Kasongo, Ambassadeur de la RDC en France
Une vision de rupture pour l’OIF
Introduite par la maîtresse de cérémonie Déborah Mutund, qui a rappelé l’esprit de rassemblement de cette « ambition collective », la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a défini l’horizon de cette candidature. Pour la cheffe du gouvernement, la RDC ne cherche pas une simple victoire de prestige, mais souhaite instaurer une Francophonie d’ouverture universelle, axée sur le dialogue réel des civilisations et la rencontre des peuples : « Une Francophonie tournée vers des solutions concrètes, capable d’écouter les aspirations de sa jeunesse, de valoriser ses cultures et de répondre aux grands défis de notre temps. »

Prenant la parole, la candidate Juliana Amato Lumumba a exposé un diagnostic clair et un credo sans concession : « Ma conviction est simple : l’avenir de la Francophonie se construira avec les peuples, ou ne se construira pas pleinement. » Elle promet une organisation plus utile, plus inclusive et intimement connectée aux citoyens.
Cette feuille de route se décline à travers de grands projets structurants :

- Une Biennale francophone des rencontres interculturelles, conçue comme le point focal du dialogue entre les cultures.
- Le développement d’une fraternité entrepreneuriale pour soutenir directement les initiatives économiques et les talents des marchés francophones.
- La création d’une Académie francophone de la paix, au service de la médiation, du dialogue et de la prévention précoce des conflits.
- Un programme dédié à la jeunesse numérique, afin de mieux accompagner les nouvelles générations dans les transitions technologiques.
- L’instauration d’un « visa francophone », proposition phare destinée à faciliter la mobilité, les échanges académiques et les coopérations économiques au sein de l’espace.

En déployant son arsenal diplomatique en plein Paris, la candidate congolaise affiche une ambition universaliste assumée. Il s’agit désormais de transformer l’OIF en un carrefour d’influence concret, apte à jeter des ponts solides entre les continents, les langues et les générations. Le match pour le contrôle de l’OIF est officiellement lancé, et Kinshasa vient de marquer de précieux points.
SALOMON BIMANSHA











