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Grand Oral à la Cité de l’UA : Félix Tshisekedi face au miroir de ses promesses

C’est un exercice de haute voltige auquel s’est prêté Félix-Antoine Tshisekedi ce mercredi 6 mai 2026. Sous le chapiteau de la Cité de l’Union africaine, le chef de l’État congolais a tombé la veste pour un « grand oral » marathon. L’objectif ? Convaincre une opinion publique parfois sceptique que le navire RDC, malgré les tempêtes, maintient son cap.

Le « verre à moitié plein »

Face à la presse, le président a décliné son action autour de ses six engagements cardinaux : emploi, pouvoir d’achat, sécurité, services de base, efficacité publique et diversification économique. Un catalogue de réalisations sociales qu’il porte en bandoulière, comme pour conjurer les critiques sur la lenteur des réformes.

« Regardez notre pays comme un verre à moitié plein et non comme un verre à moitié vide », a martelé le Chef de l’État.

Une métaphore pour souligner les avancées — certes progressives — dans l’accès aux soins de santé et la gratuité de l’enseignement, véritables chevaux de bataille de son second mandat. Mais derrière l’autosatisfaction, la réalité du panier de la ménagère et l’instabilité persistante dans l’Est demeurent des zones d’ombre que le pouvoir tente de dissiper par une rhétorique de la « montée en puissance ».

Constitution : le tabou brisé

L’instant le plus attendu de cette conférence de presse résidait sans nul doute dans la question de la révision constitutionnelle. Sujet inflammable s’il en est, la modification de la Loi fondamentale agite la classe politique depuis plusieurs mois. Là où ses détracteurs crient au « glissement » ou à la tentation du pouvoir à vie, Félix Tshisekedi a choisi la voie de la « désacralisation » du débat.

« Aucune question d’intérêt national ne saurait être confisquée, caricaturée ou interdite de réflexion », a-t-il lancé d’un ton ferme.

En clair : le débat est ouvert. Pour la présidence, la Constitution actuelle, héritée d’une époque de transition post-conflit, contiendrait des germes d’inefficacité institutionnelle. Pour l’opposition, c’est l’ouverture d’une boîte de Pandore. En refusant de fermer la porte à une évolution des textes, Tshisekedi pose les jalons d’une bataille politique qui dominera les prochains mois.

Les défis de la compétitivité

Au-delà de la politique politicienne, le Président a insisté sur l’urgence d’une économie « diversifiée et plus compétitive ». Si les chiffres de croissance de la RDC affichent une mine insolente par rapport à ses voisins, la dépendance au secteur minier reste le talon d’Achille du pays.

Entre volontarisme social et réalisme politique, Félix Tshisekedi a tenté ce mercredi de redonner du souffle à son narratif de « l’Union Sacrée ». Reste à savoir si cette pédagogie du « verre à moitié plein » suffira à étancher la soif de changement d’une population dont les attentes, elles, sont toujours à bord plein.

Salomon BIMANSHA

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