Réunis ce dimanche à Luanda dans le cadre de la 21ᵉ session extraordinaire de la Conférence de l’Union africaine (UA), les dirigeants du continent ont dressé un constat alarmant sur la situation sécuritaire en Afrique. Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le président burundais et président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, a vivement déploré la persistance des hostilités dans l’est de la République démocratique du Congo, en dépit des multiples engagements diplomatiques ratifiés.
« En RDC, les combats continuent malgré les différents accords signés et les processus de paix engagés », a martelé le chef de l’État burundais, plaçant la crise congolaise au même niveau de préoccupation prioritaire que la guerre au Soudan et l’instabilité chronique dans la région du Sahel.
Un déficit d’action préventive face aux crises
Tout en rappelant que le continent dispose d’un arsenal institutionnel complet incluant le Conseil de paix et de sécurité, le Système continental d’alerte précoce, le Groupe des Sages, la Force africaine en attente et le Fonds pour la paix , Évariste Ndayishimiye a dénoncé l’inaction récurrente des mécanismes communautaires avant l’escalade. Selon lui, les interventions africaines surviennent encore trop souvent à un stade où les situations sont devenues quasi incontrôlables. Il a ainsi appelé à une mutation structurelle pour transformer les alertes précoces en réponses opérationnelles rapides.
Pour le président en exercice de l’UA, le règlement durable de la crise en RDC et des autres foyers de tension exige de s’attaquer directement aux racines du mal :
- La gouvernance et les institutions : Lutte contre la faiblesse institutionnelle, la mauvaise gouvernance, l’exclusion politique et l’injustice sociale.
- La jeunesse et le social : Réduction des inégalités et création de perspectives économiques pour la jeunesse afin de juguler le recrutement armé.
- Le suivi post-conflit : Financement rigoureux des programmes de désarmement, démobilisation, réinsertion (DDR), de réconciliation et de reconstruction nationale.
L’autonomie financière, condition de la souveraineté sécuritaire
Rappelant l’engagement sur le terrain de son propre pays — qui déploie des troupes au sein de missions de stabilisation en RDC, en Somalie et en Centrafrique —, le dirigeant burundais a insisté sur l’urgence d’assurer le financement autonome de la sécurité continentale. Il a exhorté les États membres à alimenter de manière régulière le Fonds pour la paix de l’UA afin de doter l’organisation de ressources prévisibles, durables et indépendantes des contributions extérieures.
Salomon Bimansha











