De ses débuts éclatants et son passage magistral au sein des plus grands orchestres de Kinshasa jusqu’à son engagement total comme pasteur et chantre, la disparition de Charles Ndombasi Lassa referme l’une des pages les plus nobles de la musique congolaise.
Il y a des voix qui traversent le temps sans prendre une ride, s’inscrivant au cœur de la mémoire collective d’une nation. Avec la disparition de Charles Ndombasi Lassa, plus connu sous le nom de Carlyto Lassa, la musique congolaise perd l’un de ses interprètes les plus racés. Chanteur, auteur-compositeur et musicien, il incarnait ce raffinement vocal unique qui a fait rayonner la rumba bien au-delà des frontières de Kinshasa.
De l’âge d’or de la rumba profane au sommet du Choc Stars
Né en 1961, Carlyto Lassa s’impose très tôt comme l’un des timbres les plus fascinants de sa génération. Son parcours artistique est jalonné d’associations prestigieuses avec les plus grands noms de la scène congolaise. Que ce soit à travers des titres mémorables comme Maya, Verre cassé ou Affaire kitikwala, ou au sein d’écuries légendaires telles que le mythique TP OK Jazz et l’orchestre Choc Stars, sa voix de velours s’impose comme une signature d’excellence.
Les mélomanes garderont éternellement en mémoire ses interventions ciselées sur « Diarrhée Verbale » aux côtés du Poète Simaro Lutumba, « Ousmane Bakayoko » de Mayaula Mayoni, ou encore « Kizungu Zungu » de Papa Noël. Autant de classiques où sa diction et sa tessiture singulière faisaient des merveilles, avant la consécration de son album solo Africa na Moto en 1996, marqué par l’incontournable chef-d’œuvre « Makolo ya Massiya ».
La mue spirituelle : du micro des grands cabarets à la chaire pastorale
Au tournant des années 2000, l’artiste choisit d’opérer un virage existentiel et artistique radical. Dédiant désormais sa vie au ministère pastoral et à la foi chrétienne, il troque les scènes séculaires pour devenir un chantre fervent de l’Éternel.
Loin d’abandonner son art, il met son immense talent vocal au service exclusif de l’Évangile.
sa discographie chrétienne s’enrichit alors d’œuvres marquantes et d’albums de louange et d’adoration salués par les fidèles, à l’instar de La reconnaissance (2001), ou plus récemment des projets Confiance – Kili Kili Azongi et de singles profonds tels que Nzambe na mawa et Pona nga mimonisa. Des cantiques inspirés comme Esengo, Kili Kili, Tu Es Ma Vie ou Kombo ont ainsi continué de porter sa voix majestueuse vers d’autres cieux, spirituels cette fois.
Une grande figure s’éteint, pont vivant entre la grande époque de la rumba classique et la ferveur de l’adoration chrétienne. Son héritage, habité par la grâce, demeure impérissable.
Bimanshainfo présente ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté musicale.
Salomon Bimansha











