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Nations Unies : À la 81e Assemblée générale, Judith Suminwa porte la voix de la RDC et exige l’application stricte des accords de paix

New York, 23 septembre 2026 — Du haut de la tribune des Nations Unies, la Première Ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka — représentant le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo — a livré un discours d’une clarté remarquable à l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale. Pl placée sous le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation », cette intervention s’est articulée autour de deux axes majeurs : la refonte de la gouvernance mondiale et la fin de l’impunité dans l’Est de la RDC.

​Un plaidoyer pour un multilatéralisme juste et inclusif

Ouvrant son adresse par des félicitations au nouveau président de l’Assemblée générale, M. Khalilur Rahman, et un hommage au Secrétaire général António Guterres pour la fin de son mandat, la Cheffe du gouvernement congolais a appelé à refonder les bases de la coopération internationale.

​Judith Suminwa a dénoncé avec vigueur l’application d’un droit international à « géométrie variable » selon les crises et les puissances en présence. Elle a rappelé que la confiance ne pourra être restaurée qu’en mettant fin à l’écart entre les principes proclamés et les réalités du terrain.

​Sur le plan de la gouvernance :

  • ​Réforme du Conseil de sécurité : La RDC, siégeant au Conseil de sécurité pour la période 2026-2027, réaffirme la position commune africaine (Consensus d’Ezulwini) : l’attribution de deux sièges permanents avec droit de veto et de deux sièges non permanents supplémentaires pour l’Afrique.
  • ​Gouvernance de l’Intelligence Artificielle : La Première Ministre a mis en garde contre une « fracture de l’intelligence », plaidant pour la création d’un fonds mondial de renforcement des capacités afin que les pays en développement participent pleinement à la régulation de l’IA.
  • ​Candidature à l’OIF : La RDC porte également la candidature de Mme Juliana Matolumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour une institution plus proche des peuples.

​Sécurité à l’Est : la fin des prétextes et l’exigence des résultats

​Abordant le drame sécuritaire et humanitaire qui sévit dans l’Est de la RDC depuis plus de trois décennies, la Cheffe du gouvernement a rappelé la constance diplomatique de Kinshasa tout en exigeant l’exécution ferme des résolutions et accords déjà signés.

​Pointant la guerre d’agression menée par le Rwanda sous couvert du groupe terroriste M23/AFC, Judith Suminwa a souligné la nécessité d’appliquer sans délai la résolution 2773 du Conseil de sécurité : cessation des hostilités, retrait des troupes rwandaises et démantèlement des administrations parallèles.

​Fin du prétexte des FDLR

La Première Ministre a fermement balayé l’argument sécuritaire souvent avancé par Kigali concernant la menace des FDLR :

  • ​Un protocole signé le 30 mai 2026 acte leur désarmement, leur démobilisation et la dissolution du mouvement.
  • ​Une première traduction concrète a eu lieu le 8 septembre 2026 avec le rapatriement de 120 personnes associées aux FDLR grâce à l’appui de la MONUSCO.

Mme Suminwa a ainsi insisté sur le fait que la présence militaire étrangère ne peut plus se justifier. Elle a appelé à l’établissement d’un calendrier précis et assorti d’une vérification indépendante pour les processus de Washington, Doha et la feuille de route de l’Union Africaine, tout en réaffirmant le rôle crucial de la MONUSCO dans la protection des civils tant que les conditions de sécurité l’exigent. 

Salomon Bimansha

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