Accueillie sur le plateau d’Univers Café sur Univers TV, la promotrice de l’école spécialisée « Les Amis de Daniel » livre un plaidoyer vibrant pour l’inclusion des enfants autistes et le changement des mentalités en République démocratique du Congo.

C’est entre deux embouteillages kinois le quotidien inévitable de la capitale que Nadine Wauters Nzambo a rejoint le plateau d’Univers Café. Face à l’animateur et journaliste Salomon Bimansha, cette pédagogue et experte en éducation spécialisée s’est livrée sans détour sur une cause qu’elle porte depuis plus d’une décennie : la prise en charge, la scolarisation et l’insertion sociale des enfants souffrant de troubles du neurodéveloppement (TND).
À l’origine de cet engagement se trouve un prénom : Daniel. « Daniel, c’est mon fils autiste, qui fête ses 19 ans ce 30 octobre. Et c’est pour lui, et pour tous les autres, que nous avons créé ‘Les Amis de Daniel’, une structure qui fête ses 12 ans », confie-t-elle avec une émotion mesurée.
Sortir du déni et briser les tabous sociaux
En République démocratique du Congo, le spectre de l’autisme et les troubles associés se heurtent encore trop souvent au mur de l’ignorance et des superstitions. Au cours de l’échange, Salomon Bimansha souligne avec justesse combien ces concepts restent mal perçus par le grand public.
La réalité décrite par Nadine Wauters Nzambo est poignante :
La culpabilisation des mères : Fréquemment accusées par la belle-famille d’être responsables du handicap de l’enfant ou de porter la « malchance », de nombreuses mères se retrouvent abandonnées après un divorce.
Le stigmate de la sorcellerie : L’enfant autiste est parfois désigné comme « enfant sorcier » ou victime de sacrifices rituels.
Le déni parental : Une barrière majeure qui retarde le diagnostic et la prise en charge précoce, pourtant cruciale avant l’âge adulte.
« Qu’il s’agisse d’autisme, de trisomie ou de déficience intellectuelle, ces enfants restent des êtres humains. Ils ont le droit, comme tous les autres, d’être scolarisés, suivis et inclus dans la société », martèle la promotrice.
Une prise en charge sur mesure : De la classe au métier
L’établissement « Les Amis de Daniel », qui accueille aujourd’hui plus de 70 élèves à Kinshasa, repose sur une approche multidisciplinaire. L’équipe réunit pédagogues, psychologues, neurologues, pédopsychiatres, pédiatres, logopèdes et orthophonistes.
« Le but ultime est l’autonomisation », explique l’experte. « Nos enfants ont des parents qui vieillissent. La question que je pose toujours est : le jour où nous ne serons plus là, que deviendront-ils ? Nous devons les armer dès aujourd’hui. »
L’appel aux décideurs et à la solidarité
Si l’initiative privée de Nadine Wauters Nzambo force l’admiration, la structure fait face à des défis logistiques et financiers colossaux. L’encadrement individualisé exige une présence humaine quasi constante — presque un encadrant pour deux élèves —, sans compter les besoins en matériel didacticiel, en véhicules de transport et en formation continue du personnel.
Salomon Bimansha a profité de l’antenne pour lancer un appel solennel aux bienfaiteurs, au monde économique et aux autorités publiques. L’invitée a notamment plaidé pour un cadre légal contraignant en RDC, imposant aux entreprises d’engager un quota de personnes qualifiées vivant avec un handicap ou un TND.
À l’issue de cet entretien marquant sur Univers TV, une certitude s’impose : le combat pour la dignité des enfants neuroatypiques à Kinshasa ne fait que commencer, et l’action portée par « Les Amis de Daniel » mérite un soutien institutionnel à la hauteur des enjeux humanitaires qu’elle défend.
Pour tout contact : +243820006177
Salomon Bimansha












