C’est un coup de tonnerre dans le paysage politique congolais, bien que la foudre couvait depuis plusieurs semaines. Ce jeudi 14 octobre 2026, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, a frappé un grand coup en ordonnant la suspension immédiate des activités de 13 formations politiques à travers l’ensemble du territoire national.
Dans un télégramme officiel transmis aux gouverneurs de province, le patron de la territorial avertit contre toute manifestation ou activité de ces structures politiques réunies au sein ou en alliance avec la coalition « Sauvons la RDC ». Une plateforme politique désormais formellement associée à l’ancien président Joseph Kabila, accusé par le pouvoir de Kinshasa d’avoir basculé dans la rébellion armée.

Une purge politique ciblée
La liste des partis visés par cette mesure conservatoire rassemble des figures de proue de l’opposition congolaise, allant d’anciens Premiers ministres à d’anciens gouverneurs et chefs de partis bien implantés :
- PPRD (Joseph Kabila Kabange)
- LGD (Matata Ponyo)
- PISTE-E (Seth Kikuni)
- AAP (Théophile Bemba Fundu)
- UDA Originelle (Claudel Lubaya)
- MPCR (Jean-Claude Vuemba)
- ADT (Jean-Baptiste Makila Sumanda)
- PNEC (Michel Mwika Banza)
- MLP (Franck Diongo)
- UPC (Thomas Lubanga)
- ADCP (Corneille Nangaa)
- COFEDEC (Fidèle Tshipasa Kahindo)
- AARC (Élisée Minembwe)
Maintien de l’ordre ou dérive autoritaire ?
Du côté du gouvernement, l’argumentaire se veut intransigeant : il s’agit d’une question de sécurité nationale. Face à la détérioration sécuritaire et à l’émergence de nouvelles alliances subversives, Kinshasa refuse de laisser des formations légales servir de vitrines ou de relais logistiques à des acteurs politiques ayant choisi la voie des armes.
En suspendant ces partis, le gouvernement entend assécher les réseaux de soutien politique urbain dont pourrait bénéficier la rébellion. Reste désormais à observer la réaction de l’opposition et de la société civile, qui dénoncent déjà une manœuvre visant à museler toute voix dissonante et à éteindre le pluralisme démocratique à l’approche des prochaines échéances majeures.
Salomon Bimansha











