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CAN 2025 : Le sacre et le scandale, le Sénégal au sommet de l’Olympe et du chaos

ANALYSE. Au terme d’une finale électrique face au Maroc (1-0), les Lions de la Teranga décrochent leur deuxième étoile. Mais le triomphe de Rabat restera marqué par un coup de sang historique : le refus temporaire des Sénégalais de poursuivre le match après un penalty sifflé contre eux.

On attendait du football, on a eu du soufre. Ce dimanche soir, dans l’arène bouillante du complexe Moulay-Abdallah, le Sénégal est entré dans l’histoire de la Confédération Africaine de Football (CAF) par la grande porte sportive, mais par une issue de secours psychologique. En battant le Maroc (1-0) après prolongations, les hommes de Pape Thiaw ont prouvé qu’ils étaient les nouveaux patrons du continent. Pourtant, à la 98e minute de cette finale, le destin a failli basculer dans l’irrationnel.

Le quart d’heure de la honte (ou de la révolte)

Le score est alors de 0-0. On joue les derniers instants du temps additionnel quand l’arbitre, après un recours interminable à la VAR, désigne le point de penalty pour une faute sénégalaise sur Brahim Diaz. C’est l’étincelle. Estimant être victimes d’un arbitrage « maison », les joueurs sénégalais, portés par un banc en furie, décident de quitter la pelouse.

Pendant quinze minutes, le football africain retient son souffle devant des images de désolation : un terrain vide, des officiels dépassés et un public marocain oscillant entre sifflets et stupéfaction. Ce « refus de jouer », geste ultime de défiance, a fustigé l’autorité de la CAF en plein cœur de sa vitrine mondiale. Il a fallu des tractations de couloir, l’intervention des capitaines et une menace de disqualification immédiate pour que les Lions acceptent de reprendre leur place.

Le tournant : La Panenka du naufrage

La suite appartient à la légende noire du football marocain et à l’héroïsme de Édouard Mendy. Brahim Diaz, le prodige du Real Madrid, s’élance pour offrir le titre au royaume. Sa tentative de Panenka, trop molle, finit dans les gants d’un Mendy resté de marbre. Le vent a tourné. Psychologiquement, le Maroc ne s’en relèvera pas.

Dès l’entame des prolongations, Pape Gueye déclenche une mine des trente mètres qui nettoie la lucarne de Bounou. Le Sénégal tient son avantage jusqu’au bout, défendant son camp comme une forteresse assiégée.

Une deuxième étoile au goût de fer

Avec ce succès, le Sénégal rejoint le club fermé des doubles vainqueurs de la CAN. Mais au-delà du trophée, cette finale pose une question cruciale sur la discipline et l’éthique de la compétition. Peut-on gagner en bafouant le protocole ? La réponse est oui, sur le terrain. Dans les mémoires, en revanche, le débat fera rage : le Sénégal a-t-il eu raison de s’insurger contre l’injustice, ou a-t-il frôlé l’indécence sportive ?

Le Lion rugit à nouveau, mais cette fois, ses griffes ont laissé des traces indélébiles sur le protocole de la CAF.

Salomon BIMANSHA

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