Accueil / Politique / Dialogue en RDC : Martin Fayulu accepte la main tendue, mais refuse la messe dite

Dialogue en RDC : Martin Fayulu accepte la main tendue, mais refuse la messe dite

C’est un frémissement, peut-être même une petite révolution de palais dans le lexique présidentiel. En entrouvrant la porte à un « dialogue politique », Félix Tshisekedi a fait bouger les lignes. Suffisamment, en tout cas, pour que la coalition LAMUKA, emmenée par l’inoxydable Martin Fayulu, ne rejette pas l’offre d’un revers de main. Mais attention : si l’opposant salue « un pas dans la bonne direction », il n’est pas question pour autant de venir s’asseoir à la table pour une simple distribution de prébendes ou une messe basse dirigée depuis les hauteurs de la Cité de l’Union Africaine.


L’essentiel avant le décorum

Pour LAMUKA et ses alliés d’ADDCONGO, la forme importe peu. Que la rencontre se tienne sous les ors d’un palais kinois ou sous la tente d’une capitale voisine, le « qui » et le « où » s’effacent devant le « quoi ». L’heure n’est plus aux civilités de façade, mais à l’urgence vitale d’un pays qui se fragmente.

Les priorités dictées par le camp Fayulu sont claires et ne souffrent aucune ambiguïté :

  • La souveraineté d’abord : La récupération des territoires occupés dans l’Est, là où l’autorité de l’État s’est évaporée.
  • La cohésion nationale : Une réconciliation qui dépasse les slogans pour panser les plaies d’un tissu social déchiré.
  • La réponse à la crise : Un engagement rapide face à une multiplication des crises — sécuritaire, sociale et politique — qui menace l’édifice congolais.

Pas de « Dialogue Ex Cathedra »

Le message porté par Prince Epenge est limpide : pas question de subir un dialogue ex cathedra, où le pouvoir dicterait seul l’ordre du jour et les conclusions. L’opposition refuse d’être le simple figurant d’un récit écrit d’avance par le régime.

« Ce qui compte, ce sont les objectifs poursuivis », martèle-t-on dans les rangs de la coalition.

Pour garantir la sincérité de la démarche, LAMUKA jette ses espoirs vers l’extérieur. La plateforme affirme s’en remettre à la « sagesse des facilitateurs africains » pour encadrer les discussions. Une manière subtile de dire que, si la direction est la bonne, la boussole, elle, doit être partagée pour éviter que le « pas » de Félix Tshisekedi ne se transforme en un surplace stratégique.

Le ballon est désormais dans le camp de la présidence. Reste à savoir si cette main tendue est une réelle volonté de décrispation ou une simple manœuvre de diversion face à une pression interne et internationale qui ne cesse de croître.

Salomon BIMANSHA

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *