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RDC : À Nkamba, Félix Tshisekedi sacre la « Ville Sainte »

REPORTAGE. En déplacement dans le berceau du kimbanguisme ce 6 avril, le chef de l’État congolais a franchi une étape symbolique majeure en élevant la cité de Simon Kimbangu au rang de « Nouvelle Jérusalem » officielle.

C’est un pèlerinage aux allures d’acte d’État. Ce lundi 6 avril, sous un soleil de plomb mais dans une ferveur électrique, le président Félix-Antoine Tshisekedi, accompagné de la Première Dame Denise Nyakeru, a foulé le sol de Nkamba, dans la province du Kongo-Central. Si la date marque désormais la Journée nationale dédiée au combat de Simon Kimbangu et à la conscience africaine, ce cru 2026 restera gravé dans les annales de l’église kimbanguiste pour une annonce de taille.

Un statut historique pour la « Nouvelle Jérusalem »

Face à une marée de fidèles vêtus de vert et de blanc, le chef de l’État a lâché les mots que des millions de croyants attendaient : la cité de Nkamba est officiellement élevée au statut de « Ville Sainte ».

Jusqu’ici appellation spirituelle et populaire, ce titre prend désormais une dimension institutionnelle. En conférant ce statut à celle que les initiés nomment la « Nouvelle Jérusalem », Félix Tshisekedi ne se contente pas de flatter l’électorat kimbanguiste ; il ancre l’héritage de Simon Kimbangu dans le patrimoine indélébile de la nation.

« Simon Kimbangu n’appartient plus seulement à une église, mais à l’histoire universelle de la résistance et de la dignité humaine », glisse un conseiller de la présidence dans les travées de la cité.

L’axe Tshisekedi-Kiangani

Avant de s’adresser à la foule, le Président s’est longuement entretenu à huis clos avec Simon Kimbangu Kiangani, chef spirituel et représentant légal de l’Église. Si rien n’a filtré des échanges, la complicité affichée entre les deux hommes souligne l’importance politique de ce culte, véritable pilier de stabilité sociale en République Démocratique du Congo.

Cette visite est aussi un signal fort envoyé au reste du continent. En célébrant la « conscience africaine » à travers la figure du prophète de Nkamba — emprisonné pendant 30 ans par le pouvoir colonial belge pour ses idées d’émancipation — Félix Tshisekedi se pose en héritier des luttes de libération.

Un héritage pour l’avenir

L’institution de cette journée nationale ne relève pas de la simple commémoration nostalgique. Pour Kinshasa, il s’agit de puiser dans les « nobles idéaux » du kimbanguisme — non-violence, travail et dignité — un moteur pour la cohésion nationale.

En quittant Nkamba, le couple présidentiel laisse derrière lui une cité en liesse. Pour les fidèles, le combat de 1921 trouve enfin sa pleine reconnaissance dans l’appareil d’État. Pour la RDC, c’est un pan entier de son identité qui s’affirme, entre foi profonde et souveraineté retrouvée.

Salomon BIMANSHA

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