EXCLUSIF. En plaçant l’ancien président de la RDC sur sa liste noire pour soutien présumé au M23 et à l’AFC, l’administration Trump brise un tabou diplomatique et isole l’ex-« Raïs ». Récit d’une déflagration.
C’est un coup de tonnerre qui a fait trembler les murs de marbre de Kinshasa et les chancelleries occidentales. Mercredi 30 avril, le couperet de l’OFAC (Office of Foreign Assets Control) est tombé, net et sans appel : Joseph Kabila Kabange, l’homme qui a régné sur la République démocratique du Congo pendant dix-huit ans, est désormais un paria aux yeux de la première puissance mondiale.
Le crime de « déstabilisation »
Le Trésor américain n’a pas pris de gants. L’ancien chef d’État est formellement accusé de soutenir activement le M23 et l’Alliance Fleuve Congo (AFC), la plateforme rebelle dirigée par Corneille Nangaa. Pour Washington, Kabila n’est plus l’ancien garant des institutions, mais l’un des architectes de l’instabilité qui ronge l’Est du pays.

Les conséquences sont immédiates et dévastatrices pour l’empire financier de l’ex-président :
- Gel total de ses avoirs sur le sol américain.
- Interdiction formelle pour toute entité ou citoyen américain de commercer avec lui.
- Isolement bancaire international, les institutions financières mondiales fuyant généralement comme la peste toute personne figurant sur la liste noire de l’OFAC.
Le « style Trump » : La fin de l’impunité
Cette décision porte la marque de fabrique de la nouvelle administration. En nommant explicitement Joseph Kabila, Washington envoie un message clair : l’immunité diplomatique des anciens dirigeants africains ne pèse plus rien face aux intérêts sécuritaires américains.
« Le président Trump ouvre la voie à la paix en RDC et il a clairement indiqué que ceux qui continuent de semer l’instabilité devront répondre de leurs actes », a martelé le secrétaire au Trésor, Scott Bessent.
Dans les couloirs du département d’État, on murmure que ces sanctions ne sont que le sommet de l’iceberg. Elles visent à protéger les « accords de Washington », ce fragile équilibre régional que les États-Unis tentent de maintenir pour sécuriser l’accès aux minerais critiques.
Une chute historique
Jamais Washington n’était allé aussi loin contre un ancien chef d’État de cette stature. Si des proches de Kabila avaient déjà été ciblés par le passé, le viser personnellement revient à couper les ponts avec toute une frange de l’élite politique congolaise.
À Kinshasa, le silence du camp Kabila est assourdissant. Entre sidération et colère, ses partisans dénoncent une « ingérence inadmissible ». Mais sur l’échiquier international, le signal est envoyé : le « Raïs », qui pensait pouvoir influencer la politique congolaise depuis ses fermes est désormais un homme traqué par la finance mondiale.
Salomon BIMANSHA











