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Top Model of Turkey : Le sacre de la beauté face à la tyrannie des réseaux sociaux

Le prestigieux concours s’est tenu hier soir au Hilton Piyalepasha. Mais derrière le sacre des nouveaux visages de la mode turque, la chanteuse Lara, membre du jury, a jeté un pavé dans la mare numérique : pour elle, les réseaux sociaux sont devenus le terrain d’un harcèlement qui ne dit pas son nom.

Lara

C’est une institution qui ne connaît pas la crise. Hier soir, les salons feutrés du Hilton Piyalepasha Doubletree accueillaient la fine fleur de l’élégance stambouliote pour le Top Model of Turkey. Une édition historique à plus d’un titre, puisque pour la première fois, le concours ouvrait ses catégories de manière tripartite : Femmes, Hommes et, fait notable, une reconnaissance accrue de la diversité des profils.

Sous la direction artistique d’Asil Cagil, figure incontournable du secteur, la soirée a tenu ses promesses de glamour. Entre les prestations d’Altay et de Lara Luko, le jury a tranché. Si les noms de Murat Cakin, Jessica Nova ou encore Amirhan Haraz ont brillé, c’est l’espoir de dénicher les « nouveaux Burak Özçivit ou Kıvanç Tatlıtuğ » qui animait les travées. Comme l’a souligné Ali Durgut, l’ambition est claire : exporter la beauté turque sur les podiums internationaux.

Lara : Le cri du cœur contre la dictature du smartphone

Pourtant, le moment le plus marquant de la soirée n’est pas venu des mesures de taille ou de la démarche des candidats, mais du banc du jury. La chanteuse Lara, interrogée en marge de l’événement, a livré un témoignage aussi brutal que lucide sur la condition d’artiste à l’ère du tout-numérique.

Celle qui prône aujourd’hui un mode de vie ascétique — sport intensif et retraite loin du tumulte urbain (« Moins de gens, plus de paix ») — a dénoncé une dérive moderne : l’appel vidéo non sollicité.

« Recevoir un appel vidéo sur mon téléphone à n’importe quelle heure, c’est de l’intimidation, c’est du harcèlement », a-t-elle lâché.

Pour l’interprète, la frontière entre vie publique et vie privée a volé en éclats. Son constat est sans appel : le réseau social n’est plus un plaisir, mais une servitude liée au métier. « Si je n’étais pas artiste, si j’étais une simple femme au foyer, je n’utiliserais jamais les réseaux sociaux. Jamais. »

Vers la fin de l’anonymat ?

Lara ne se contente pas de se plaindre ; elle appelle de ses vœux une régulation stricte. À l’heure où les débats sur la protection des mineurs saturent l’espace politique, elle apporte un soutien total aux propositions de loi visant à imposer la pièce d’identité pour l’accès aux plateformes, notamment pour les moins de 15 ans. Une manière de responsabiliser les utilisateurs et de mettre fin à cette culture de l’intrusion permanente.

Entre le rêve de gloire des jeunes mannequins qui voient dans Instagram un tremplin, et la fatigue de l’artiste confirmée qui n’y voit qu’un carcan, le Top Model of Turkey 2025 aura illustré tout le paradoxe de notre époque : pour être une étoile, il faut accepter d’être constamment à portée de clic, au risque de s’y brûler les ailes.

Les lauréats en bref :

  • Direction artistique : Asil Cagil
  • Candidats remarqués : Murat Cakin, Jessica Nova, Amirhan Haraz, Hacer Sahan.
  • Ticket pour « Belle du Monde 2025 » : Sélection validée par Mustafa Bozkurt et Ibrahim Mayda.

Mood Magazine

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