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Ebola en RDC : « Nous sommes dans une phase de croissance »

Le ministre de la Santé, le Dr Samuel Roger Kamba, a fait le point ce mardi lors d’un briefing de presse aux côtés du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. Face à une épidémie qui gagne du terrain dans l’est du pays, Kinshasa tape du poing sur la table et réclame un accès d’urgence aux derniers traitements expérimentaux américains.

C’est un cri d’alarme qui ne dit pas son nom, mais dont les chiffres glacent le sang. Réunis devant la presse ce mardi 26 mai, le ministre de la Santé, le Dr Samuel Roger Kamba, et son homologue de la Communication, Patrick Muyaya, n’ont pas cherché à masquer la gravité de la situation. « Nous sommes dans une phase de croissance », a martelé le ministre, dressant le bilan d’une épidémie de maladie à virus Ebola qui menace une nouvelle fois de s’embraser dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

L’Est en état d’alerte : trois provinces touchées

Le virus s’est solidement installé dans trois provinces chroniquement instables du pays : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. La cartographie de la contagion s’étend désormais sur plusieurs zones de santé, transformant la région en un foyer hautement inflammable :

  • En Ituri : 7 zones de santé sont d’ores et déjà touchées sur les 36 que compte la province.
  • Au Sud-Kivu : Le virus gagne du terrain avec 6 zones sous surveillance.
  • Au Nord-Kivu : 3 zones sont actuellement touchées.

Les chiffres noirs de l’épidémie

Derrière la sécheresse des données épidémiologiques se dessine une réalité sanitaire dramatique. Les autorités surveillent de près une explosion de cas suspects, tandis que le taux de positivité explose.

Le bilan épidémiologique à ce jour :

  • 101 cas officiellement confirmés.
  • 30 à 35 % des tests effectués se révèlent positifs.
  • Environ 1 000 personnes présentent actuellement des symptômes compatibles avec le virus.
  • 17 décès sont formellement confirmés, mais les décès probables s’élèvent déjà à environ 200.
  • La course contre la montre est lancée pour traquer le virus : 3 600 cas contacts sont identifiés, alors que 230 personnes sont actuellement prises en charge dans les structures sanitaires.

L’arme thérapeutique : Kinshasa lorgne sur Washington

Face à cette résurgence, la stratégie de la RDC se veut offensive. Le gouvernement congolais ne veut plus seulement contenir, il veut guérir. Pour ce faire, Kinshasa a les yeux tournés vers les États-Unis. La RDC négocie activement pour accéder à un traitement expérimental de pointe développé outre-Atlantique.

La particularité de cette molécule ? Elle ambitionne de cibler simultanément trois des souches les plus redoutables du virus : Zaïre, Soudan et Bundibugyo. Une polyvalence cruciale pour faire face à la complexité des mutations virales dans la région.

Le Dr Samuel Roger Kamba a ainsi annoncé qu’un essai clinique pourrait être lancé de manière imminente pour les patients dont le diagnostic a été formellement posé. Pour la RDC, l’enjeu est double : endiguer la mortalité immédiate, mais aussi positionner le pays en première ligne de la recherche médicale mondiale contre l’un des pathogènes les plus mortels de l’histoire moderne. La course contre la montre a commencé.

Salomon BIMANSHA

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