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Médias : Oscar Bisimwa, le choix de l’élégance contre la culture du buzz

Distingué par le Bureau d’Actions et d’Eveil Culturels à l’Education (BAC) et la CENCO, le directeur général de CONGO 26 TV est sacré « Ambassadeur pour les bonnes manières et le changement des mentalités ». Décryptage d’une trajectoire qui détonne dans le paysage médiatique congolais.

À l’heure où l’espace médiatique mondial, et particulièrement congolais, cède trop souvent aux sirènes du sensationnalisme, de l’invective et du clic facile, certains choisissent de faire de la résistance par le haut. C’est le pari, désormais couronné, d’Oscar Bisimwa.

Le journaliste, écrivain et actuel directeur général de CONGO26 TV s’est vu décerner ce mardi 16 juin le prestigieux diplôme d’« Ambassadeur pour les Bonnes manières et le Changement des mentalités » (catégorie médias). Une distinction remise par le Bureau d’Actions et d’Eveil Culturels à l’Education (BAC), en étroite collaboration avec le Conseil Épiscopal de l’Éducation Chrétienne de la CENCO.

Par cette cooptation, Oscar Bisimwa intègre un cercle très restreint de figures morales et scientifiques du pays. Un panthéon national où cohabitent le virologue Jean-Jacques Muyembe, l’ancien Premier ministre Léon Kengo wa Dondo, le professeur Modeste Bahati Lukwebo, Mgr Carlos Ndaka, ou encore de grands noms du journalisme à l’instar de Kamanda wa Kamanda Muzembe et Sylvie Elenga, directrice générale de la RTNC.

La méritocratie au forceps

Pour le politologue ou l’observateur des médias, le parcours d’Oscar Bisimwa ressemble à un cas d’école. Rien n’a été donné, tout a été conquis. Jean-Marie Ntantu-Mey, coordonnateur du BAC, résume ce choix à travers une grille de lecture en trois piliers qui définit ce que devrait être l’éthique journalistique moderne :

  • L’ascension par le travail : De ses débuts comme stagiaire en 2010 au quotidien Le Potentiel jusqu’aux commandes de CONGO26 TV en 2026, en passant par Télé7, Kin24 et la fondation de Congo Réformes en 2014, l’homme a gravi les échelons à l’ancienne. À la force du poignet et sans compromission.
  • L’éthique comme gilet pare-balles : En quinze ans de carrière passés à décortiquer l’actualité politique et sociale d’une République démocratique du Congo en constante ébullition, Bisimwa a banni de son vocabulaire l’injure et la diffamation. Une performance notable dans une arène politique où le débat frise souvent le pugilat.
  • La transmission intergénérationnelle : Plus qu’un manager, l’homme est décrit comme un incubateur de talents, transformant ses rédactions en laboratoires d’éveil pour les jeunes générations.

« Oscar Bisimwa refuse la médiocrité et impose le respect comme ligne éditoriale. Dans un paysage médiatique souvent bruyant, il a choisi la voie de la hauteur. C’est cette constance qui change les mentalités », analyse avec justesse Jean-Marie Ntantu-Mey.

Du village aux salons de la République

L’intéressé, lui, reçoit cet honneur avec la gravité de ceux qui mesurent la charge du symbole. Loin des discours d’autosatisfaction, sa prise de parole a résonné comme un plaidoyer pour une jeunesse congolaise en quête de repères.

« Je dédie ce diplôme à chaque jeune Congolais qui part de rien et qui croit encore que l’intégrité paie », a-t-il déclaré, non sans saluer l’influence managériale et la rigueur du professeur Modeste Bahati Lukwebo, qu’il qualifie d’« école d’abnégation ».

Rappelant ses origines modestes — « de gardien des chèvres au village à Ambassadeur national » —, le patron de CONGO26 TV refuse toutefois de s’attribuer le monopole de cette réussite, partageant le mérite avec ses équipes techniques et rédactionnelles.

Dans une RDC en pleine introspection sur ses valeurs culturelles et citoyennes, le sacre d’Oscar Bisimwa pose un jalon important : et si la véritable subversion, aujourd’hui, consistait tout simplement à être courtois, rigoureux et professionnel ? Pour le nouvel ambassadeur, ce titre n’est pas une consécration, mais le début d’une nouvelle veille.

Salomon BIMANSHA

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