Dans les travées solennelles du Palais du Peuple à Kinshasa, le costume est de rigueur, la rhétorique y est souvent hors-sol, et les promesses s’évaporent dès que retentit le vrombissement des grosses cylindrées des élus. Et puis, il y a des exceptions. Ceux pour qui le mandat parlementaire n’est pas un titre de noblesse, mais une feuille de route de dispensaire. Le Dr Jean Simon Mfuti Kiaku fait partie de cette race rare d’acteurs politiques en République démocratique du Congo : les médecins de terrain égarés dans l’hémicycle, ou peut-être l’inverse.

À Kimvula, territoire enclavé du Kongo-Central où la frontière avec l’Angola dessine des destins suspendus, son nom ne résonne pas comme celui d’un lointain dignitaire de la capitale. Il y est vu comme l’« homme des solutions ». Un profil de technocrate au grand cœur, qui rappelle une vérité oubliée : en politique, l’efficacité est une affaire de diagnostic.
L’art du diagnostic social et l’ingénierie territoriale
Médecin de formation, l’homme a gardé de sa pratique clinique une méthode implacable. On ne soigne pas une société malade à coups de grands discours, mais en auscultant ses moindres recoins. Quand d’autres se contentent de parader lors des vacances parlementaires, le Dr Mfuti, lui, opère à cœur ouvert.
La Méthode Mfuti :
- Auscouter ──► Identifier l’urgence
- Prescrire ──► Apporter l’outil direct (Motos, téléphone satellitaire, moulins)
- Suivre ──► Consolider l’autorité de l’État sur le terrain
Administrateur hors pair, il a compris avant les autres que la souveraineté dans les territoires frontaliers ne tenait qu’à un fil. Face à l’insécurité et à l’enclavement, sa réponse n’a pas été idéologique, elle a été logistique.

En offrant un téléphone satellitaire et une flotte de motos à l’administrateur du territoire, au chef de secteur, au parquet, à la zone de santé, à la sous-division de l’EPST, à l’Institut supérieur de développement rural (ISDR) ainsi qu’à son parti, l’UDPS, il ne fait pas de la philanthropie : il fait de l’ingénierie territoriale. C’est redonner à l’administration locale les yeux, les oreilles et les jambes qui lui manquaient pour asseoir l’autorité de l’État.
Un pied à l’hémicycle, un pied dans la glaise
Ce qui frappe chez ce député, c’est cette double identité. À Kinshasa, il épluche les lignes de la session budgétaire avec la précision d’un chirurgien, traquant les oublis de l’État central pour sa circonscription. À Kimvula, il redevient le fils du terroir, capable de décharger d’un camion des équipements structurants pour changer le quotidien de ses électeurs.
Le Dr Mfuti a ainsi déployé une logistique impressionnante sur le terrain :

- Autonomie énergétique et développement : Des panneaux solaires, des batteries et des lampadaires avec poteaux pour éclairer les villages nocturnes, sans oublier des moulins motorisés pour alléger les travaux des plus grands.
- Soutien à la ruralité et à l’éducation : Une quantité importante de matériels aratoires et de semences pour les planteurs champêtres, ainsi que des machines à coudre, des cahiers, stylos et objets classiques pour toutes les écoles du territoire.
- Rayonnement civique et culturel : Distribution massive d’effigies du chef de l’État et de drapeaux de la République pour raviver le sentiment patriotique aux confins du pays.
- Jeunesse et communion nationale : Remise de vareuses et de ballons de football, accompagnés de téléviseurs et de groupes électrogènes pour permettre à la population de s’informer et de suivre la ferveur de la Coupe du monde.
Le serment d’Hippocrate au chevet de Kimvula
Cette proximité ne date pas d’aujourd’hui. Auparavant, le Dr Simon Mfuti s’était déjà illustré en réhabilitant l’Hôpital général de référence de Kimvula. Il a doté cette structure de lits, de matelas, de matériels de chirurgie et d’équipements de pointe pour le bloc opératoire, tout en réglant de sa propre poche les factures des patients les plus démunis.
Cette action pragmatique s’inscrit en droite ligne de la vision du chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui rappelait fort justement les difficultés des élus sur le terrain. L’amélioration des conditions de travail et des moyens d’action des députés nationaux est essentielle pour leur permettre de répondre efficacement aux besoins de leur base et de mener à bien leurs missions de représentation, de législation et de contrôle. Le Dr Mfuti en est l’illustration parfaite : il n’attend pas les budgets nationaux pour agir, il devance l’appel.
Le Point de vue
Le Dr Simon Mfuti incarne la figure de ce que devrait être le parlementaire congolais de l’ère moderne : un manager public doté d’une boussole morale. À l’heure où la RDC cherche ses repères sous le second mandat de Félix Tshisekedi, ce député hors pair démontre qu’un seul homme, armé d’une vision claire et d’une rigueur d’administrateur, peut transformer un désert institutionnel en un bastion de résilience. Une performance qui force le respect, loin des projecteurs kinois.
Salomon BIMANSHA











