Face à une classe politique jugée défaillante en pleine crise sécuritaire, la plateforme citoyenne Tous pour le Congo (TPC) hausse le ton et remet le souverain primaire au centre du jeu.
Le ras-le-bol a désormais un visage et un mot d’ordre. Devant une foule de plus de 1 500 personnes réunies dans le quartier populaire de Camp Luka, dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, la société civile a tapé du poing sur la table. À l’origine de cette démonstration de force citoyenne : la plateforme Tous pour le Congo (TPC), menée par son président, l’Ambassadeur William Mukambila.
Alors que l’est de la République démocratique du Congo continue de subir l’agression armée du Rwanda, la colère sociale ne vise plus seulement les agresseurs extérieurs, mais cible directement les calculs politiciennes de la capitale.
Un appel direct à l’article 5 de la Constitution
Pour l’Ambassadeur William Mukambila, le constat est sans appel : pendant que la nation brûle, la classe politique se livre à ses habituels jeux d’intérêts et de repositionnement personnel.
« Politiciens éliminés ! Le peuple exige le référendum ! »
Face à ce qu’elle qualifie de défaillance des élites, la plateforme citoyenne a décidé d’invoquer l’article 5 de la Constitution congolaise, lequel rappelle que la souveraineté nationale appartient au peuple. Pour TPC, la seule voie de sortie honorable pour briser l’impasse actuelle consiste à rendre directement la parole aux citoyens, seuls arbitres légitimes du destin national.
Dialogue oui, mais sans « blanchisserie politique »
Cette prise de position intervient dans un climat politique particulièrement tendu. Si TPC prend soin de saluer la volonté de dialogue affichée par le président Félix Tshisekedi, la plateforme assortit son soutien d’une mise en garde extrêmement ferme :
- Pas de pardon amnésique : Ce cadre de concertation ne doit en aucun cas se transformer en une « blanchisserie politique » destinée à effacer les crimes passés.
- Pas de partage du gâteau : La société civile refuse d’avance que ce dialogue n’aboutisse, une fois de plus, à un simple glissement démocratique ou à une distribution de postes ministériels entre factions politiques.
En sortant le « carton rouge » à l’endroit des acteurs politiques traditionnels, la société civile congolaise franchit un cap. Une initiative qui pourrait bien redistribuer les cartes à Kinshasa.
Salomon BIMANSHA











