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Lutte contre la malaria en RDC : Pharmakina réunit la communauté scientifique à Kinshasa autour du Protocole 2026

La lutte contre le paludisme prend un tournant stratégique majeur en République démocratique du Congo. Ce jeudi, à partir de 11h00, la salle La Majesté du Congo de l’hôtel Hilton Kinshasa abrite une rencontre scientifique décisive organisée par le géant pharmaceutique congolais Pharmakina. Consacré à l’optimisation de la prise en charge de la malaria, cet événement met un accent particulier sur le Protocole 2026 et le rôle capital des combinaisons thérapeutiques à base de quinine (QCT).

L’événement réunit un parterre de spécialistes : médecins, chercheurs, professionnels de santé, ainsi que des cadres du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) et des représentants des autorités sanitaires nationales. Au cœur des travaux : les nouvelles directives de prise en charge, la lutte contre la résistance aux antipaludiques, la prise en charge du paludisme grave et la place centrale de la quinine dans l’arsenal thérapeutique actuel.

​Une urgence sanitaire et un défi épidémiologique continental

​La tenue de ces assises répond à une réalité sanitaire alarmante. Selon les données du World Malaria Report 2025 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la malaria continue de peser lourdement sur la population mondiale avec 282 millions de cas et 610 000 décès enregistrés en 2024.

​L’Afrique supporte la part la plus disproportionnée de ce fardeau :

  • ​94 % des cas mondiaux et 95 % des décès surviennent dans la Région africaine de l’OMS.
  • ​75 % des victimes dans la région sont des enfants de moins de cinq ans.
  • 11,7 % des décès africains dus à la malaria sont enregistrés en RDC. Avec le Nigeria, l’Éthiopie, le Mozambique et l’Ouganda, la RDC fait partie du groupe de cinq pays concentrant à eux seuls plus de la moitié des cas mondiaux.    

La quinine réhabilitée dans le nouveau schéma thérapeutique

Au centre des échanges figure la quinine injectable 500 mg/2 ml (Bichlorhydrate), officiellement réintégrée parmi les molécules de premier plan pour traiter les formes sévères du paludisme.

« Le Protocole actuel réhabilite un produit local historique. Pour les cas graves et les enfants de moins de 5 kg (en gouttes), la quinine s’impose de nouveau en monothérapie. Pour les adultes et les femmes enceintes, elle s’utilise en bithérapie avec la clindamycine », précise Patrick Cizungu, représentant de Pharmakina.

Cette mise à jour, formalisée en juin 2026, met fin à la primauté exclusive accordée aux dérivés d’artémisine (ACT). Le PNLP laisse désormais la latitude aux cliniciens d’adapter le traitement selon le profil clinique du patient.

« C’est une alternative stratégique majeure. La science évolue et nos directives nationales s’adaptent aux faits probants », salue Baudouin Matela Baangi, directeur du PNLP.

Du Kivu aux officines : l’ancrage historique et industriel d’un fleuron national

​Implantée à Bukavu dans le Sud-Kivu depuis 1942, Pharmakina s’appuie sur plus de 80 ans d’expertise dans la transformation du quinquina (Cinchona). L’entreprise a su développer une chaîne de valeur complète reliant l’agriculture locale, la transformation industrielle et la fabrication pharmaceutique.

​Parmi ses produits phares figure la quinine injectable, indispensable pour le traitement du paludisme grave conformément aux recommandations du PNLP. Ce modèle garantit que la valeur économique et le savoir-faire industriel demeurent au pays. 

Souveraineté sanitaire : un géant mondial basé à Bukavu

​Cette révision du protocole survient deux semaines après une reconnaissance internationale majeure : le 1er septembre, Pharmakina a été certifiée par Africa CDC comme société agro-industrielle stratégique pour la production de matière première pharmaceutique.

Installée à Bukavu et agréée par l’Autorité congolaise de la réglementation pharmaceutique (ACOREP), l’entreprise rappelle la position dominante de la RDC sur ce marché mondial.

​« Le Congo ne regorge pas que de minerais : 90 % du quinquina mondial se trouve sur notre sol. Transformer cette ressource locale selon les normes de Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF/GMP), c’est garantir notre autonomie médicale », conclut Patrick Cizungu.

Salomon Bimansha

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