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ZIMBABWE. L’extravagant « Sir Wicknell » se tue en hélicoptère

Le millionnaire zimbabwéen Wicknell Chivayo s’est tué dans le crash de son appareil à Marondera, à l’est de Harare, emportant avec lui son épouse et quatre autres passagers. Homme d’affaires sulfureux, collectionneur de bolides et fervent soutien du pouvoir, il laisse derrière lui deux enfants de moins de 12 ans.

Il aimait le bling-bling, l’étalage d’opulence sur les réseaux sociaux et le vrombissement des Rolls-Royce dans les rues embouteillées de Harare. Wicknell Chivayo, plus connu dans toute l’Afrique australe sous le pseudonyme auto-attribué de « Sir Wicknell », a brutalement tiré sa révérence. Mercredi 30 septembre en fin d’après-midi, son hélicoptère s’est écrasé dans la région rurale de Marondera, à une soixante-dixième de kilomètres à l’est de la capitale zimbabwéenne. Les secours envoyés sur place n’ont pu que constater les dégâts : aucun survivant parmi les six occupants de l’appareil. Au côté du magnat de 43 ans se trouvait également son épouse, Lucy Muteke, laissant orphelins leurs deux jeunes enfants, tous deux âgés de moins de 12 ans.

L’art de la proximité présidentielle

Si la trajectoire de Chivayo fascine autant qu’elle agace, c’est que le personnage incarnait à lui seul une certaine caste d’affaires africaine, prospérant à l’ombre étroite des palais présidentiels. Passé par la case prison au milieu des années 2000 pour des affaires de blanchiment d’argent et de fraude, cet entrepreneur au physique imposant avait su se réinventer en magnat incontournable de l’énergie via sa firme Intratrek Zimbabwe.

Son secret ? Une capacité hors pair à s’attirer les faveurs des chefs d’État. Sous l’ère du défunt Robert Mugabe comme sous celle de l’actuel président Emmerson Mnangagwa, Chivayo s’affichait régulièrement aux côtés des puissants du continent, obtenant de gré à gré de lucratifs marchés publics — dont le très controversé projet solaire de Gwanda, chiffré à plus de 200 millions de dollars.

Un système de « générosité » politique

Au Zimbabwe, l’homme ne laissait personne indifférent. Sur Instagram et Facebook, il mettait en scène ses achats impulsifs de berlines de luxe, qu’il distribuait ensuite en cadeau à des musiciens, des chefs religieux ou des militants du ZANU-PF, le party au pouvoir. Pour ses détracteurs, cette philanthropie ostentatoire n’était qu’un rouage supplémentaire d’un système de patronage bien huilé, destiné à acheter le soutien populaire et à consolider ses réseaux politiques.

L’annonce de sa disparition brutale laisse désormais un vide béant dans le paysage économico-politique de Harare. Alors que les autorités zimbabwéennes poursuivent l’enquête pour déterminer les causes de l’accident, une page se tourne pour la jet-set et les cercles du pouvoir zimbabwéen, brutalement privés de leur plus excentrique figure.

Salomon Bimansha

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