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Des ex-kulunas aux « bâtisseurs de la nation » : le Service national s’offre sa propre minoterie à Kinshasa

C’est une petite révolution dans la chaîne d’approvisionnement militaire et l’autosuffisance étatique en République démocratique du Congo. Le Service national s’est doté d’une toute nouvelle minoterie implantée à Kinshasa, dotée d’une capacité de production impressionnante de 100 tonnes de farine de maïs par jour. Cette infrastructure stratégique, rattachée directement à la présidence de la République, symbolise un nouveau cap franchi ces quatre derniers mois.

Du champ à l’assiette : la chaîne de l’autonomie

Visité ce vendredi 9 octobre par le commandant du Service national, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, ce complexe industriel tourne à plein régime grâce aux récoltes issues de deux grands bassins de production du pays :

Le maïs est cultivé à Kaniama Kasese dans le Haut-Lomami.

D’autres récoltes proviennent du site de Lovo, situé dans le Kongo Central.

À terme, la ferme de Lovo est appelée à devenir la principale source d’approvisionnement pour la capitale.

La réinsertion par le travail

Au-delà de la performance industrielle et de la qualité de la farine produite — qui n’a rien à envier aux produits importés —, c’est le volet social et sécuritaire qui retient l’attention. Les ouvriers qui font tourner cette unité et cultivent les terres ne sont autres que d’anciens kulunas (jeunes délinquants urbains) rééduqués et reconvertis en « bâtisseurs de la nation ».

« L’objectif est de transformer nous-mêmes le maïs produit par des ex-kulunas, devenus bâtisseurs de la nation, avant de les envoyer dans les cantines militaires », a déclaré le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik lors de sa visite.

Un soulagement pour les cantines militaires

Cette production locale et intégrée vise en priorité à alimenter les cantines des forces armées. Une bouffée d’oxygène pour le budget de l’État et un pied de nez aux détracteurs, alors que le Service national, placé sous l’autorité directe du chef de l’État, démontre que la production locale à grande échelle est possible pour répondre aux besoins souverains de la nation.

Salomon Bimansha

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