À l’heure du premier bilan du gouvernement Suminwa II, le ministre d’État en charge des Relations avec le Parlement dresse le tableau d’un exécutif soucieux de fluidifier ses rapports avec le pouvoir législatif. Entre pédagogie républicaine, création d’une Académie parlementaire et modernisation par l’intelligence artificielle, plongée dans la méthode Loando.

Au sommet de l’État congolais, l’équilibre entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ressemble trop souvent à un jeu de funambule. Pourtant, à l’heure de l’évaluation de la première année d’exercice du Gouvernement Suminwa II, un homme entend prouver que la séparation des pouvoirs n’est pas synonyme de paralysie : Guy Loando Mboyo. Le Ministre d’État, Ministre des Relations avec le Parlement, s’impose en clé de voûte de l’architecture institutionnelle de la République Démocratique du Congo (RDC).
Sa conviction ? La séparation des pouvoirs, principe cardinal de toute démocratie moderne, ne saurait être un obstacle à la coopération. « Le Parlement vote les lois et contrôle le gouvernement, tandis que l’exécutif assure la mise en œuvre des politiques publiques », rappelle-t-il fermement, inscrivant son action dans le rôle d’une passerelle permanente entre le Palais du Peuple et l’Hôtel du Gouvernement.
Un bouclier contre les crises institutionnelles
Face aux récentes frictions provoquées notamment par les débats autour de la loi d’habilitation, Guy Loando Mboyo a fait le choix de l’immersion et de la pédagogie. L’objectif affiché est clair : désamorcer les conflits avant qu’ils ne tournent à l’affrontement systématique. Accompagnant personnellement plusieurs ministres lors des sessions d’interpellation et d’exercice du contrôle parlementaire, il s’emploie à transformer ce qui fut souvent un théâtre de confrontations politiques en un instrument républicain de redevabilité.

Cette quête de stabilité ne se limite pas à Kinshasa. En synergie avec le ministère de l’Intérieur, le ministre d’État s’est saisi à bras-le-corps des crises récurrentes secouant les provinces, où les duels entre gouverneurs et assemblées provinciales menacent régulièrement l’action publique. Pour Guy Loando Mboyo, le diagnostic est posé : ces tensions naissent le plus souvent d’incompréhensions ou de rivalités d’acteurs. La réponse apportée privilégie la concertation, le dialogue et le respect des prérogatives constitutionnelles des élus provinciaux, représentants légitimes du peuple.
L’Académie parlementaire : former pour mieux gouverner
Mais la véritable innovation stratégique de cette première année réside dans un projet ambitieux : la création de l’Académie parlementaire en RDC. Conçue comme un cadre permanent de formation, cette institution vise à professionnaliser l’ensemble de l’écosystème législatif congolais.
Loin des séminaires informels de quelques jours, cette académie propose une architecture pédagogique exigeante, calquée sur le système Licence-Master-Doctorat (LMD), articulée en modules capitalisables selon le volume horaire. Si elle s’adresse naturellement aux députés et sénateurs, la structure ouvre grand ses portes aux assistants parlementaires, aux journalistes spécialisés, aux acteurs de la société civile et à tout citoyen désireux d’appréhender les arcanes du travail législatif.
Au programme : procédures d’élaboration des textes, fonctionnement des commissions, maîtrise du budget et mécanismes de contrôle. En intégrant d’emblée l’usage des outils numériques et de l’intelligence artificielle, l’Académie entend propulser l’administration parlementaire congolaise dans les standards technologiques les plus avancés.
Cap sur le programme 2024-2028
Pour mener à bien ces réformes sectorielles et garantir l’efficacité de la dépense publique lors de l’examen des budgets, Guy Loando Mboyo martèle un principe clé : la solidarité gouvernementale. Du suivi minutieux des textes de loi en commission jusqu’à leur adoption définitive, son ministère fait office de chef d’orchestre pour s’assurer que les orientations ministérielles convergent vers un objectif unique : l’amélioration du quotidien des Congolais.
Inscrivant sa démarche dans le cadre des six priorités stratégiques définies par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et déclinées dans le programme gouvernemental 2024-2028, Guy Loando Mboyo entend bien faire du dialogue entre les institutions le moteur de la transformation démocratique et sociale de la RDC. Un pari de méthode, guidé par une exigence constante : rendre des comptes à la nation.
Salomon Bimansha











