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Enquête / Snel : Les « journaliers » et réseaux informels, l’hémorragie cachée qui asphyxie les abonnés

Coupures arbitraires, monnayage des dépannages d’urgence, opacité sur le terrain : au cœur de la crise de l’électricité qui secoue les ménages kinois, un mal endémique ronge de l’intérieur les structures de la Société Nationale d’Électricité (SNEL). Le rôle trouble des équipes de terrain, et plus particulièrement des agents dits « journaliers » ou non permanents, s’impose aujourd’hui au centre de toutes les interpellations. Immersion au cœur d’un système parallèle qui prospère sur le dos du consommateur.


Dans les quartiers de la capitale, le scénario est devenu tristement banal. Une cabine en panne, un câble sectionné ou un quartier entier plongé dans le noir, et c’est le début d’un parcours du combattant. Alors que l’abonné s’attend à une intervention technique réglementaire de la part de l’entreprise publique, il se retrouve confronté à un marché de dupes mené par des réseaux informels.

Pour de nombreux observateurs et observateurs avertis du secteur de l’énergie, le constat est unanime : l’implication de certains agents de terrain, en particulier cette nébuleuse de journaliers non inscrits sur les rôles officiels de permanence, constitue une double hémorragie. Une saignée financière pour l’entreprise publique et une source intarissable de tracasseries pour les abonnés.

Un circuit parallèle aux commandes du terrain
Comment ces pratiques ont-elles pu s’enraciner ? Sur le terrain, l’opacité règne en maître. Les abonnés l’ignorent souvent, mais les circuits de distribution échappent régulièrement aux contrôles stricts de la hiérarchie en raison de l’intervention d’intermédiaires informels.

Ces équipes de terrain, souvent qualifiées de « journaliers » ou de prestataires de circonstance, profitent du déficit d’information des clients sur les modalités réelles de dépannage et de distribution. Au lieu d’intervenir pour rétablir l’ordre dans le réseau, certains n’hésitent pas à orchestrer ou à entretenir artificiellement les pannes pour monnayer le moindre raccordement, la moindre intervention d’urgence ou le rétablissement d’une phase.

« C’est un secret de polichinelle. Quand le courant saute, on ne sait plus à quel saint se vouer. Les agents officiels brillent par leur absence, mais les « journaliers » se pointent en un temps record… pour exiger des sommes astronomiques sous prétexte d’acheter du matériel de poche ou de payer le carburant du groupe », témoigne un habitant excédé.

Une hémorragie financière et un sabotage de l’économie nationale
Pour la SNEL, cette économie souterraine représente un manque à gagner colossal. Les recettes générées par ces interventions occultes échappent totalement aux caisses de l’entreprise. Pendant que les infrastructures se dégradent par manque d’investissements, ces réseaux parallèles s’enrichissent sur le dos d’une société publique déjà fragilisée.

Plus grave encore, ces agissements inciviques sabotent les efforts de redressement de la desserte électrique. En tolérant ou en fermant les yeux sur l’action de ces intermédiaires, certains responsables de réseaux se rendent complices d’un système qui maintient la population dans une précarité énergétique permanente.

L’heure de la tolérance zéro et de l’assainissement
Face à cette situation intolérable, la coupe est pleine. La question de la responsabilité de la hiérarchie ne peut plus être éludée. Il est plus que temps que la direction générale de la SNEL tape du poing sur la table pour nettoyer les écuries d’Augias.

L’assainissement du fichier du personnel de terrain, l’identification formelle de tous les intervenants habilités à manipuler le réseau de distribution et la mise en place d’un canal de signalement transparent et réactif pour les abonnés constituent des urgences absolues. Le consommateur congolais, qui paie le prix fort pour un service de plus en plus dégradé, n’a plus vocation à financer des réseaux mafieux.

Bimanshainfo.com reste mobilisé et poursuit ses investigations pour mettre en lumière les dérives de ce secteur névralgique.

Salomon Bimansha

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