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Prix Nobel de la paix 2026 : la douche froide pour Donald Trump

Alors qu’il criait sur tous les toits mériter la plus prestigieuse des distinctions internationales pour sa diplomatie autoproclamée, le président américain voit le précieux sésame lui échapper au profit de la juriste sud-africaine Navi Pillay.

C’est un camouflet qui risque d’alimenter longuement ses colères matinales sur les réseaux sociaux. Donald Trump n’aura pas son prix Nobel de la paix. Ce vendredi, depuis Oslo, le comité norvégien a douché les espoirs de la Maison-Blanche en attribuant la prestigieuse récompense à la juriste sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay, figure internationale du droit humanitaire et ancienne Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, saluée pour une vie entière consacrée à la justice et à la défense des opprimés.

Pour le 47e président des États-Unis, la pilule est particulièrement amère. Depuis des mois, l’occupant de l’Bureau ovale avait fait de cette distinction une affaire personnelle, un véritable trophée de validation continentale qu’il estimait être le seul à mériter.

« Huit guerres éteintes » : la rhétorique trumpienne à l’épreuve des faits


Sur les tréteaux de campagne comme dans les salons dorés de Mar-a-Lago, le slogan était rodé et répété jusqu’à la satiété : Donald Trump affirmait haut et fort avoir « éteint huit incendies majeurs » à travers la planète. De la crise récurrente dans l’Est de la République démocratique du Congo au dossier explosive entre l’Inde et le Pakistan, en passant par les embrasements au Moyen-Orient  à Gaza comme dans le face-à-face tendu entre Israël et l’Iran , le président américain attribuait chaque accalmie à sa seule poigne diplomatique et à son art du « deal ».

Mais à Oslo, la diplomatie transactionnelle et spectaculaire du milliardaire new-yorkais n’a pas convaincu le très austère comité Nobel. Les sages norvégiens ont préféré le travail de l’ombre, rigoureux et tenace, du droit international incarné par Navi Pillay, aux déclarations emportées et aux coups d’éclat médiatiques de Washington.

Le sacre du droit international contre le « Deal »


En récompensant Navi Pillay, le comité envoie également un message politique à peine voilé à la diplomatie américaine. Face à la tentation du rapport de force bilatéral et du contournement des institutions multilatérales prônés par l’administration Trump, Oslo réaffirme la primauté des institutions judiciaires internationales et des droits fondamentaux.

Pour Donald Trump, qui rêvait d’entrer dans le cercle très fermé des présidents américains nobélisés aux côtés de Theodore Roosevelt, Woodrow Wilson, Jimmy Carter et Barack Obama , la déception est immense. Le président américain, qui voulait ce prix « à tout prix », devra se résoudre à voir une grande figure du multilatéralisme repartir avec la médaille d’or. Une défaite symbolique qui passe très mal du côté de Washington.

Salomon Bimansha

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