ÉCONOMIE. Portée par l’envolée de l’intelligence artificielle et des marchés financiers, la fortune des ultra-riches atteint des sommets inédits. En tête d’affiche, Elon Musk s’approche à pas de géant du statut inédit de premier « trillionnaire » de l’histoire.
C’est une mécanique désormais bien huilée, mais dont le rythme annuel ne cesse d’interpeller. Le dernier classement du magazine américain Forbes met en lumière une accélération spectaculaire de la concentration des richesses mondiales. En l’espace de douze mois, la planète a vu poindre chaque jour un nouveau milliardaire, portant leur nombre total à plus de 3 400 individus (dont 50 Français). Ensemble, ils pèsent désormais un patrimoine vertigineux dépassant les 20 100 milliards de dollars, contre 16 000 milliards un an plus tôt.
L’échappée belle d’Elon Musk
Au sommet de cette pyramide, Elon Musk ne se contente plus de dominer : il s’évade. Avec une fortune estimée à 839 milliards de dollars — en bond spectaculaire de 245 % sur un an —, le patron de Tesla et SpaceX devance largement tous ses poursuivants. Sa valeur nette représente désormais plus du triple de celle des cofondateurs de Google, Larry Page (257 milliards) et Sergey Brin (237 milliards). À ce rythme, le milliardaire américain pourrait prochainement franchir le seuil mythique des 1 000 milliards de dollars, devançant ainsi la création d’un nouveau terme : « trillionnaire ».
L’hégémonie de la Silicon Valley
Le haut du classement confirme une tendance lourde : l’hégémonie américaine et la domination sans partage de l’écosystème technologique. Derrière le trio de tête figurent Jeff Bezos (Amazon, 224 milliards), Mark Zuckerberg (Meta, 222 milliards) et Larry Ellison (Oracle, 190 milliards). Les six premières fortunes du globe sont toutes américaines et issues de la Tech.
Pour trouver trace d’un Européen, il faut descendre à la 7ᵉ place, occupée par le Français Bernard Arnault et sa famille (171 milliards de dollars). Le fondateur de LVMH devance Jensen Huang (Nvidia, 154 milliards), Warren Buffett (149 milliards) et Amancio Ortega (Inditex/Zara, 148 milliards). Seuls Arnault et Ortega parviennent ainsi à faire figurer les couleurs du Vieux Continent dans le « Top 10 » mondial.
L’effet de levier de l’IA et le cas Donald Trump
Ce boom s’explique en grande partie par l’engouement massif autour de l’intelligence artificielle, vecteur d’une spéculation intense sur les marchés boursiers. Un enthousiasme qui crée des géants, mais qui expose également ces patrimoines à de très fortes volatilités. Signe des temps, le cercle très restreint des personnalités possédant plus de 100 milliards de dollars compte désormais 20 membres — un club qui n’existait même pas il y a moins de dix ans.
Enfin, parmi la vague des nouveaux entrants – qui compte des figures du divertissement ou du sport comme Dr. Dre, Beyoncé ou Roger Federer – le classement note le bond de 27 % de la fortune de Donald Trump (estimée à 6,5 milliards de dollars). Un regain stimulé par ses placements dans les cryptomonnaies et l’annulation de pénalités financières qui pesaient sur ses activités.
Reste une interrogation : cette envolée mécanique des valorisations résistera-t-elle à une éventuelle correction du marché de la Tech ? En attendant, la fusée des ultra-riches continue son ascension.
Salomon Bimansha











