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Armée congolaise : Le plaidoyer de Jean-François Nsambayi pour une urgence de la réforme structurelle

En cette journée nationale dédiée aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), l’heure est au recueillement, mais surtout à la refondation stratégique. Pour Jean-François Nsambayi, Administrateur Civil de la République, le salut de la nation passe par un soutien indéfectible à la Loi de programmation militaire.

C’est une date gravée dans le marbre de l’histoire congolaise, désormais sanctuarisée par l’Ordonnance n°23/042 du 30 mars 2023. Le 17 mai n’est plus seulement le souvenir d’un bouleversement politique, il est le jour des soldats. En 2026, alors que la République Démocratique du Congo fait face à des défis sécuritaires existentiels, notamment dans sa partie orientale, cette commémoration prend une résonance toute particulière.

Dans un entretien accordé à la presse, Jean-François Nsambayi, Administrateur Civil de la République, a voulu envoyer un message de fermeté, de reconnaissance et de vision à long terme. Loin des postures de circonstances, ce haut fonctionnaire appelle à un véritable pacte national autour de l’outil de défense congolais.

L’hommage de la nation aux « sentinelles de la République »

Pour Jean-François Nsambayi, le constat est d’abord celui de la gratitude envers ceux qui paient le prix du sang. Il a salué avec force le courage, le sacrifice et l’engagement des femmes et des hommes des FARDC qui assurent, jour et nuit, la protection de la souveraineté nationale.

« Je joins ma modeste voix à celle de tous ceux qui rendent un hommage mérité aux femmes et aux hommes des FARDC qui défendent, par terre, mer, air ainsi que dans le cyberespace, avec abnégation et bravoure, la souveraineté nationale ainsi que l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.

Un hommage qui ne se limite pas aux lignes de front classiques. En mentionnant le « cyberespace », l’Administrateur Civil rappelle que la guerre moderne est hybride et que l’armée congolaise doit se battre sur tous les spectres de la conflictualité contemporaine. Cet hommage s’est d’ailleurs étendu à l’ensemble des forces de défense et de sécurité, maillons essentiels de la stabilité d’un pays en proie à de multiples agressions.

La Loi de Programmation Militaire : le nerf de la guerre

Mais au-delà de l’émotion légitime et du respect dû aux héros, vivants ou tombés sur le champ d’honneur, le cœur du message de Jean-François Nsambayi est éminemment politique et structurel. Pour lui, le patriotisme ne peut se contenter de slogans : il doit se traduire en budgets, en équipements et en réformes administratives.

L’Administrateur Civil a ainsi insisté sur l’urgence d’accompagner les efforts de modernisation et de professionnalisation de l’armée. Le pivot de cette transformation ? L’Ordonnance-Loi n°22/019 du 28 juillet 2022 portant programmation militaire.Les piliers de la modernisation des FARDC selon la Loi de Programmation* Professionnalisation : Recrutement d’une nouvelle élite et formation continue adaptée aux menaces asymétriques.* Modernisation technique : Acquisition d’équipements de pointe pour les forces terrestres, aériennes et navales.* Gouvernance financière : Sanctuarisation des budgets de la défense pour éviter les ruptures capacitaires.

Cette loi de programmation n’est pas un simple document administratif, c’est le pilier central sur lequel doit se bâtir une armée républicaine forte, dissuasive et adaptée aux réalités du terrain.

Un consensus national indispensable

Pour Jean-François Nsambayi, cette vision stratégique portée par les plus hautes autorités de l’État doit faire l’objet d’un consensus national absolu. Citoyens, institutions, classe politique : c’est la nation tout entière qui doit faire bloc derrière son armée. C’est à cette seule condition que les FARDC pourront répondre efficacement aux enjeux de sécurité majeurs qui menacent l’avenir de la RDC.

En ce 17 mai, le message de l’Administrateur Civil résonne comme un plaidoyer pour l’avenir : honorer les morts du passé en donnant aux vivants les moyens de gagner les guerres de demain.

Salomon BIMANSHA

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