De Zurich à Kinshasa, le patron de Schiller & Weinmann Congo incarne cette nouvelle garde de dirigeants connectés au monde, venus moderniser les structures stratégiques de la RDC par la tech et la finance. Rencontre avec un bâtisseur pressé.
C’est un archétype moderne, de ceux qui redessinent les frontières invisibles du business mondial sans faire de bruit, mais avec une efficacité redoutable. Eley Epoka Ngwanda appartient à cette caste de dirigeants hybrides, aussi à l’aise sous les lambris dorés de la finance zurichoise que sur le terrain mouvant des marchés émergents africains. À l’heure où le continent cherche les clés de son autosuffisance technologique, lui a déjà trouvé la serrure : celle du transfert de compétences et de l’innovation de pointe.
Le virus de la tech et la rigueur suisse
Rien n’est jamais le fruit du hasard dans une trajectoire bien tempérée. Né à Kinshasa, c’est pourtant en Europe – entre la Suisse et la France – qu’Eley Epoka Ngwanda va forger ses armes. Son triptyque formateur ? Électronique, biotechnologie, management. Un profil de couteau suisse qui tape dans l’œil des géants de la finance helvétique.
Pendant plus de quinze ans, il navigue ainsi au cœur des réacteurs de SIX Group à Zurich, la colonne vertébrale des infrastructures financières suisses. Là, dans le secret des algorithmes et des flux bancaires, il participe à la révolution des paiements électroniques et de la fintech. Une école de la rigueur, mais surtout un poste d’observation idéal pour comprendre une chose : la technologie n’est rien sans un marché à conquérir.
« Les grandes avancées naissent toujours de la rencontre fortuite entre une idée en avance sur son temps et des hommes prêts à la porter. »
L’appel du continent noir et l’instinct de l’entrepreneur feront le reste. Pluri-investisseur, polyglotte, il quitte le confort des banques suisses pour se muer en facilitateur d’affaires, connectant les investisseurs internationaux aux secteurs miniers et technologiques africains.
Le pari de la médecine de guerre

Mais c’est sur le terrain de la santé publique – et plus précisément de la médecine d’urgence – que cet homme de réseaux va ancrer son grand œuvre. À la tête de Schiller & Weinmann Congo SARL, il réalise un coup d’éclat stratégique en signant un contrat crucial avec le ministère de la Défense de la RDC.

L’objectif ? Équiper le Corps de santé militaire sur les théâtres d’opérations les plus complexes.
Pour les soldats au front, Ngwanda n’apporte pas de simples gadgets, mais un véritable saut quantique : le couplage des technologies MEDUCORE et MEDUVENT. Derrière ces acronymes barbares se cache un véritable hôpital miniature de poche :
- Moniteur de surveillance des constantes vitales,
- Défibrillateur semi-automatique,
- Ventilateur médical intelligent à assistance intégrée.
De la haute couture médicale pour des situations de crise extrême, alignant instantanément la médecine opérationnelle congolaise sur les standards de l’OTAN.

Transmettre plutôt que vendre
Pourtant, le style Ngwanda refuse le simple costume du « vendeur de boîtes ». L’homme sait que l’Afrique a trop souffert de technologies livrées clés en main, abandonnées dans des hangars faute de maintenance. Sa marque de fabrique ? Le capital humain.
En marge de la livraison du matériel, Schiller & Weinmann Congo a mis sur pied des programmes de formation intensive pour les médecins urgentistes, anesthésistes et le commandement de l’UMIR (Unité Médicale d’Intervention Rapide). Une obsession de la durabilité qui trahit le profil d’un intellectuel autant que d’un chef d’entreprise.
Car derrière le costume de CEO se cache un esprit curieux, nourri de philosophie, de psychologie et d’une fine culture internationale. Pour Eley Epoka Ngwanda, la modernisation de la RDC ne se fera pas à coups de slogans politiques, mais par l’audace de projets industriels concrets. Un pragmatisme helvétique mis au service de l’ambition congolaise. La méthode, assurément, porte ses fruits.
Salomon BIMANSHA











