La diplomatie belge tente de garder son cap au milieu de la tourmente . Confronté simultanément à une affaire judiciaire sensible touchant l’entourage du président Félix Tshisekedi et au retour de Joseph Kabila sur la scène politicomilitaire, le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, est sorti du silence pour poser des lignes rouges très fermées.
Perquisitions de la famille Tshisekedi : la justice, pas la diplomatie
Alors que des perquisitions récemment menées par la justice belge au sein de la famille présidentielle congolaise suscitaient une vive tension entre Kinshasa et Bruxelles, la Belgique s’emploie à éteindre le feu. Maxime Prévot a fermement réfuté toute instrumentalisation politique ou corrélation entre ces actions judiciaires et la position diplomatique de Bruxelles sur le conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Rien n’est orchestré, rien n’est prémédité par la diplomatie belge », a martelé le ministre, balayant d’un revers de main des rumeurs qu’il a qualifiées d’« aussi infondées que grotesques ».
Revenant sur l’indépendance stricte du pouvoir judiciaire vis-à-vis de l’exécutif en Belgique, le ministre s’est refusé à tout commentaire sur le fond des procédures. Il a toutefois déploré la récupération politique de ces événements par des acteurs alimentant un « narratif hostile » destiné à fragiliser le partenariat bilatéral. Inquiet du climat ambiant, Maxime Prévot a mis en garde contre une désinformation « particulièrement préoccupante » sur les réseaux sociaux, vectrice de discours de haine, tout en réaffirmant « l’excellence » fondamentale des relations entre Bruxelles et Kinshasa.
Le cas Kabila : l’indignation de Bruxelles
L’autre front d’inquiétude pour la diplomatie belge concerne le virage pris par l’ancien président Joseph Kabila, désormais à la tête du Front pour la refondation de la Nation (FRN). Cette initiative politico-militaire a suscité une condamnation « sans la moindre équivoque » du ministre belge des Affaires étrangères.
Pour Bruxelles, le choix d’un ancien chef d’État d’opter pour la voie des armes constitue un dangereux précédent.
La primauté du dialogue face à l’impasse militaire
Rejetant catégoriquement toute option de force — rappelant qu’il n’existe « aucune solution militaire au conflit » —, la Belgique exhorte l’ensemble des parties à maintenir leurs engagements dans les voies négociées.
Bien qu’il reconnaisse la lenteur exaspérante des processus de paix engagés à Doha et à Washington, Maxime Prévot souligne qu’ils demeurent le seul cadre concerté et légitime. De nouvelles sessions de négociations sont attendues d’ici les prochains mois pour tenter de ramener la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Salomon Bimansha











