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Tollé général après les menaces enflammées de Fils Mukoko contre les Occidentaux

La tension monte d’un cran dans la capitale congolaise. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Fils Mukoko, directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa et cadre influent du parti présidentiel (l’UDPS), a semé la consternation en proférant des menaces d’une violence inouïe. Entre appels à l’armement généralisé et avertissements directs visant les ressortissants étrangers, l’affaire a provoqué une onde de choc politique et judiciaire.

Des propos belliqueux aux accents xénophobes


Dans sa diatribe, Fils Mukoko n’a pas mesuré ses mots, dessinant le scénario d’une mobilisation chaotique et hors la loi :

« Nous allons distribuer les armes même dans des terrains de football. Nous allons distribuer les armes même dans des églises. Nous allons distribuer les armes même dans des universités, » a-t-il lancé.

Au-delà de cet appel à armer tous azimuts la population civile dans des lieux de rassemblement, le cadre de l’UDPS a ouvertement ciblé la communauté internationale, s’en prenant nommément à « la Belgique » et aux « Occidentaux » accusés de duplicité :

« Les Occidentaux qui sont ici auront du mal à sortir de Kinshasa, » a-t-il averti, instaurant un climat de psychose pour les diplomates et expatriés présents sur place.

Le pouvoir et son parti au front pour désamorcer la crise

Face à la gravité de telles déclarations, la réaction des autorités n’a pas tardé à tomber, cherchant à rassurer au plus vite les partenaires extérieurs et à recadrer les dérives militaristes de ses membres.

Le gouvernement se désolidarise : Patrick Muyaya est rapidement monté au créneau, fustigeant une incitation irresponsable : « Inciter la population à de tels actes, c’est tomber dans le piège de l’ennemi et compromettre les efforts déployés par le Président de la République, le Gouvernement et nos partenaires y compris la #Belgique pour le retour de la paix dans les parties du pays sous occupation. »

Tolérance zéro du Ministère de la Justice : Par le biais du communiqué N°0037/CAB/ME/MIN/J&GS/2026 en date du 21 octobre 2026, le Ministre d’État et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a informé l’opinion de l’injonction faite au Procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête judiciaire. Le ministre a rappelé que si la liberté d’expression est sacrée, elle « ne saurait cependant servir de prétexte à la menace, à l’intimidation ou à la mise en danger de la vie d’autrui ».


Le désaveu de l’UDPS : La Présidence du parti présidentiel, sous la signature du président ad intérim Augustin Kabuya Tshilumba (communiqué officiel N°013/UDPS/PP/SG/AKT/2026 du 21 octobre 2026), a fermement condamné ces initiatives individuelles. L’UDPS rappelle son attachement historique à la non-violence — socle de son combat depuis 1982 sous l’impulsion d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba —, précise que Mukoko n’a reçu aucun mandat pour parler au nom du parti, et réaffirme son respect des obligations internationales en matière de protection des missions diplomatiques.

Alors que l’enquête judiciaire suit son cours, cet épisode met en lumière les tensions nerveuses qui traversent la scène politique kinoise, tiraillée entre la crispation sécuritaire face aux occupations de l’Est et la nécessité de préserver l’État de droit et ses alliances diplomatiques.

Salomon Bimansha

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