C’est une prophétie en forme de coup de semonce. Dans une sortie médiatique remarquée auprès de Bimansha Info, l’apôtre Abraham Tshiamala a jeté un pavé dans la mare politique congolaise. Entre révélations mystiques et appels à la discipline républicaine, l’homme d’Église dessine un futur où la contestation n’a plus sa place.
Le calendrier divin contre le calendrier électoral
Alors que la classe politique a déjà les yeux rivés sur l’horizon 2028, l’apôtre Tshiamala tranche : il n’y aura pas de scrutin à cette date.
« Le Seigneur dit qu’en 2028, il n’y aura pas d’élections. Le Congo aura des élections à partir de 2030 », a-t-il annoncé.
Un report prophétique qui justifie, selon lui, une suspension immédiate des hostilités partisanes. Pour l’homme de Dieu, l’heure n’est plus aux urnes mais à la survie de la nation.
L’Union sacrée ou le chaos
Le message est limpide : l’opposition est sommée de se ranger derrière le chef de l’État. Dans un contexte de guerre à l’Est, l’apôtre fustige ceux qui divisent le front intérieur. Le « Seigneur », par la voix de son messager, exige une phalange unique face aux agresseurs : le Rwanda, certes, mais aussi une communauté internationale jugée complice.
« Le Seigneur demande aux opposants de se rapprocher du président afin de lui prêter main forte », a-t-il martelé, prévenant que tout appel à la rue serait désormais perçu comme une trahison. Une mise en garde sévère qui va jusqu’à encourager le gouvernement à « sévir » contre les organisateurs de marches, les tenant pour responsables de chaque goutte de sang versée.

Le cas Fayulu : l’éternel naufragé ?
Cette sortie prophétique résonne singulièrement avec le déclin observé de certaines figures de proue. En ligne de mire : Martin Fayulu. Pour beaucoup d’observateurs, l’homme de Lamuka semble avoir perdu sa boussole politique.
Ancien de la Conférence Nationale Souveraine dont il n’aurait — selon ses détracteurs — rien retenu, Fayulu est aujourd’hui dépeint comme un politicien incapable de négocier ses virages.
- Un leadership en miettes : Incapable de maintenir l’unité de sa coalition ou de peser face au régime précédent.
- Un ancrage qui s’effrite : Même le Grand Bandundu, son bastion historique, semble lui tourner le dos.
- Le spectre de 2023 : Après avoir contesté les résultats de 2018, son score de 2023 a sonné comme un désaveu cinglant, le laissant seul avec ses pas de danse sur la place publique.
L’heure du choix
Le message de l’apôtre Tshiamala, bien que spirituel, rejoint une lassitude d’une partie de l’opinion face aux « marches inutiles ». L’invitation faite au peuple de ne plus suivre les mots d’ordre de manipulation est claire.
Alors que la menace extérieure gronde, la prophétie de l’apôtre pose une question brutale à la démocratie congolaise : le pays peut-il s’offrir le luxe d’une opposition frontale quand son intégrité est en jeu ? Pour Tshiamala, la réponse vient d’en haut : c’est l’unité derrière le Président, ou la dérive irréversible.
Salomon BIMANSHA











