Pionnière de l’audiovisuel privé avec Malebo Broadcast Channel et figure de proue de la lutte contre la déforestation en RDC, Anny Mandungu a consacré sa vie à réconcilier l’homme avec sa terre. Portrait d’une femme de convictions, entre ondes radio et canopée.
C’était une silhouette familière des salons bruxellois autant que des sentiers boueux de l’arrière-pays congolais. Anny Mandungu n’était pas seulement une activiste ; elle était une conscience. Celle qui rappelait, à chaque micro et à chaque tribune, que la République Démocratique du Congo n’est pas qu’un réservoir de minerais, mais le gardien d’un équilibre climatique mondial.
L’onde et la sève
Avant de devenir l’avocate de la forêt, Anny Mandungu fut une pionnière des médias. En participant à la fondation de Malebo Broadcast Channel (MBC), l’une des premières radios privées de la capitale congolaise, elle avait compris très tôt que la liberté s’acquiert par la parole. Mais pour cette licenciée de l’ISTI Bruxelles, la traduction ne se limitait pas aux langues ; elle s’appliquait aussi aux réalités du monde.

Le combat au féminin : l’entrepreneuriat vert
Anny Mandungu avait une certitude : la lutte contre le changement climatique ne se gagnerait pas sans les femmes. À la tête de la structure FENEV (Femmes Environnement Nature Entrepreneuriat Vert), elle a transformé l’activisme en action concrète. En octroyant des terres aux femmes pour l’agroforesterie, elle a prouvé que la protection de la forêt pouvait rimer avec autonomie financière. Elle ne se contentait pas de planter des arbres ; elle plantait de la structure dans une économie verte à « taille humaine ».
L’héritage d’une mentore
Au-delà de ses combats écologiques, Anny Mandungu restera pour beaucoup celle qui a su déceler les vocations avant qu’elles ne s’épanouissent. Pour toute une génération de communicateurs, elle fut la porte d’entrée, le guide bienveillant.
C’est à elle que je dois mon propre baptême du feu. Alors que je n’étais encore qu’étudiant, cherchant ma voie dans les dédales de l’information, elle m’a ouvert en grand les portes du monde des médias. Elle ne se contentait pas de diriger ; elle transmettait, elle bousculait les certitudes et offrait leur chance à ceux qui n’avaient alors que leur plume et leur enthousiasme.
Jusqu’à ses derniers instants, sa passion restait tournée vers la transmission, qu’il s’agisse de l’éducation environnementale des enfants ou de l’accompagnement des jeunes professionnels. Anny Mandungu laisse derrière elle un vide immense, mais aussi une forêt de projets et de carrières qui continuent de croître grâce à sa main tendue.
La rédaction présente ses condoléances à sa famille et à ses compagnons de lutte.
Salomon BIMANSHA











