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RDC : L’hommage de la Nation au « Roi de la Rumba »

Dix ans après sa chute brutale sur la scène du FEMUA à Abidjan, l’ombre du « Vieux Bokul » plane toujours sur Kinshasa. Ce dimanche, Félix-Antoine Tshisekedi s’est rendu au cœur du village Molokaï pour saluer la mémoire d’un géant.

C’était un 24 avril. Une image insoutenable, captée par les caméras du monde entier : Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba s’effondrait en plein concert, micro en main, quittant la scène de la vie comme il l’avait habitée, dans la lumière et le fracas des cuivres. Dix ans plus tard, l’émotion reste intacte. Pour marquer cette décennie d’absence, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a choisi la symbolique forte du bitume et de la proximité.

Pèlerinage à Matonge

C’est dans le quartier mythique de Matonge, commune de Kalamu, que le chef de l’État s’est incliné aujourd’hui. En pénétrant dans l’enceinte du village Molokaï, siège historique du groupe Viva La Musica, le président n’a pas seulement rendu hommage à un chanteur, mais à une institution nationale.

Entre les murs qui ont vu naître les accords de « Papa Bonheur » ou de « Maria Valencia », l’atmosphère était au recueillement. Dans ce fief où la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes) est une religion, le Chef de l’État a salué l’héritage de celui qui restera à jamais le « Pape » de cette esthétique de la résistance et du panache.

Un ambassadeur planétaire

Papa Wemba n’était pas qu’une voix de tête reconnaissable entre mille. Il était :

  • Un bâtisseur : Chef d’orchestre rigoureux et arrangeur visionnaire.
  • Un exportateur : Celui qui a su marier les rythmes ancestraux aux sonorités de la World Music, imposant la rumba sur les scènes de Tokyo, Paris ou New York.
  • Un symbole : Un messager de paix dont les textes, souvent empreints de sagesse et de fraternité, appelaient à l’unité du continent.

« Papa Wemba n’appartient plus seulement à la RDC, il appartient à l’histoire universelle de la musique », glisse un proche du dossier culturel à la présidence.

L’héritage en partage

En se rendant à Molokaï, Félix Tshisekedi envoie un signal clair : la culture est le ciment de la nation congolaise. Si le « Roi de la Rumba » s’est éteint à 66 ans, son influence irrigue encore la nouvelle génération. De Fally Ipupa à Ferré Gola, tous revendiquent une part de l’héritage de l’enfant de Lubefu.

Dix ans après le drame d’Abidjan, le Congo ne pleure plus son idole : il célèbre son immortalité. Car à Matonge, on le sait bien : un artiste de cette trempe ne meurt jamais, il change simplement d’orchestre.

Salomon BIMANSHA

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