Réunie à Douala, l’Union des Conseils des Chargeurs Africains (UCCA) a planché sur les coûts portuaires et le fret, des freins majeurs au commerce intra-africain. En première ligne, la RDC pousse ses pions.
C’est dans la fournaise économique de Douala, capitale économique du Cameroun, que le destin logistique du continent s’est en partie joué ces deux derniers jours. Depuis le 8 juillet, la session ordinaire du Comité Directeur de l’Union des Conseils des Chargeurs Africains (UCCA) a transformé la cité portuaire en un laboratoire d’idées. L’objectif ? Briser les verrous qui asphyxient encore le commerce intra-africain, alors que la Zone de libre-échange continentale (Zlecaf) peine encore à donner sa pleine mesure.
Pendant 48 heures, les patrons des Conseils des Chargeurs du continent ont aligné les chiffres et partagé les diagnostics. Le constat est connu, mais reste cruel : en Afrique, le transport et la logistique représentent un coût exorbitant, grevant la compétitivité des économies locales face aux géants asiatiques ou européens.
Le « pavé dans la mare » de l’OGEFREM
Au cœur des débats, une intervention a particulièrement retenu l’attention : celle de la délégation de la République démocratique du Congo (RDC). Prenant la parole, le Directeur Général de l’Office de Gestion du Fret Maritime (OGEFREM), Monsieur Olivier Tshibola Mukuma, a mis les pieds dans le plat en évoquant le projet d’un grand forum international à Kinshasa. Le thème ? Brûlant. Il s’agira de disséquer l’impact réel des taux de fret, des coûts et délais de passage portuaire, mais surtout de ces fameuses « surcharges » qui pèsent comme une taxe invisible sur le commerce africain.

« L’Afrique ne peut plus se contenter de subir les tarifs du commerce international ; elle doit en devenir actrice », glissait un délégué en marge des réunions.
Faisant preuve de pragmatisme, le patron de l’OGEFREM a néanmoins sollicité le report de ce rendez-vous de Kinshasa. Un ajustement de calendrier dicté par la récente restructuration des organes dirigeants de l’office congolais, nécessaire pour assurer une préparation millimétrée en parfaite synergie avec les autorités de tutelle.
Kinshasa en locomotive de l’intégration
Pour l’OGEFREM, Douala était avant tout une tribune politique et stratégique. Olivier Tshibola Mukuma y a réaffirmé avec force l’ancrage de son institution dans la diplomatie économique régionale. Une ligne droite alignée sur la vision du chef de l’État congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et portée sur le terrain par le Vice-Premier ministre chargé des Transports et du Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo. L’ambition affichée est claire : faire du désenclavement et de la fluidité logistique le moteur d’un commerce intra-africain plus dynamique.
Au moment de clore les travaux, le président en exercice de l’UCCA, Monsieur Candide Koumou Goulas, ne cachait pas sa satisfaction. Saluant la « qualité des échanges », il s’est dit convaincu que les arbitrages rendus à Douala posent les jalons d’une véritable souveraineté logistique africaine. Reste désormais à transformer ces résolutions de salon en réalités de quai.
Salomon BIMANSHA











