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RDC : Grand ménage et retour politique au conseil d’administration de la Banque centrale

Par une série d’ordonnances présidentielles lues ce dimanche 12 juillet 2026, Félix Tshisekedi a renouvelé une partie des visages de la BCC. Parmi les nouveaux entrants, un profil retient particulièrement l’attention : celui de l’ancien conseiller présidentiel Marcelin Bilomba.

C’est un décret dominical qui n’est pas passé inaperçu dans les salons de Kinshasa. En nommant huit nouveaux membres au sein du Conseil d’administration de la Banque centrale du Congo (BCC), le président Félix Tshisekedi ne s’est pas contenté d’un simple ajustement technique. Il a opéré un véritable coup de pinceau politique, marqué par le retour en grâce d’une figure clé du premier quinquennat : Marcelin Bilomba Mbale.

Le retour en grâce du « monsieur économie » de la présidence

Pour les observateurs de la vie politique congolaise, le nom de Marcelin Bilomba évoque immédiatement l’une des périodes les plus tumultueuses de la présidence Tshisekedi. Ancien conseiller principal au collège Économie et Finances de la présidence, cet économiste rigoureux et au tempérament bien trempé s’était retrouvé sous le feu des projecteurs lors du retentissant procès dit des « 100 jours ».

Appelé à la barre comme témoin clé dans le dossier hautement inflammable des maisons préfabriquées, ses dépositions avaient pesé lourd dans les débats impliquant l’ancien directeur de cabinet du chef de l’État, Vital Kamerhe. Après avoir été quelque peu mis à l’écart des premiers cercles décisionnels, sa nomination à la BCC sonne comme une réhabilitation en bonne et due forme. Une manière, pour Félix Tshisekedi, de replacer un fidèle doté d’une fine connaissance des rouages financiers de l’État au cœur du réacteur monétaire du pays.

Le dictionnaire du pouvoir : En RDC, les disgrâces sont rarement éternelles. Le retour de Marcelin Bilomba démontre une nouvelle fois l’art du contre-pied politique propre au régime de Kinshasa, où les équilibres se font et se défont au gré des urgences économiques et des alliances.

Une équipe renouvelée pour encadrer la politique monétaire

Au-delà du cas Bilomba, c’est une véritable cure de jouvence institutionnelle que s’offre le Conseil d’administration de la BCC. Aux côtés du gouverneur André Wameso , ces huit nouveaux visages auront la lourde tâche de veiller à la stabilité de la monnaie nationale, le franc congolais, malmené par les pressions inflationnistes mondiales et locales.

Voici la liste des huit nouveaux administrateurs nommés par ordonnance présidentielle :

  • Thomas Batetele Boleki
  • Alain Kahasha Ntuwa (une figure bien connue du secteur des télécoms et du management privé)
  • Lusamba Ntumba Martin
  • Éliane Nkenke
  • Jean Elongo Ongona
  • Marcelin Bilomba Mbale
  • Luboya Kasonga Emmanuel
  • Livy Kimpape Kinduelo Lumu

Les défis qui attendent la nouvelle équipe

Cette restructuration intervient dans un contexte économique national tendu. Entre la nécessité de stabiliser le taux de change, de diversifier les réserves de change et de moderniser le système bancaire national, les nouveaux administrateurs n’auront pas de round d’observation.

La cohabitation au sein du Conseil promet d’être particulièrement scrutée. L’arrivée de technocrates issus du privé, combinée au retour de profils éminemment politiques et habitués aux arbitrages de l’ombre, donnera-t-elle le second souffle attendu par l’exécutif ? À Kinshasa, le feuilleton de la BCC ne fait que commencer.

Salomon Bimansha

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