Accueil / Société / Dialogue National  : « L’objectif, c’est la cohésion nationale et le développement du pays »

Dialogue National  : « L’objectif, c’est la cohésion nationale et le développement du pays »

RÉCIT. Devant les projecteurs et les micros de la presse nationale et internationale, Patrick Muyaya s’est exprimé sur le dialogue inclusif dont le chef de l’État vient de donner le feu vert. Le porte-parole du gouvernement y a évoqué la mise en place d’un « front commun » des Congolais pour libérer les territoires occupés et faire face à l’agression rwandaise.

C’est un tournant politique qui s’amorce à Kinshasa, et c’est face aux journalistes, lors de son traditionnel briefing de presse, que le porte-parole du gouvernement a choisi de lui donner corps. Alors que la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une crise sécuritaire persistante dans sa partie orientale, le président Félix Tshisekedi a formellement donné son feu vert à l’organisation d’un dialogue inclusif. Une initiative perçue par certains comme une main tendue, par d’autres comme une nécessité absolue de survie collective.

Dans le jeu de questions-réponses avec les médias, Patrick Muyaya a martelé que l’heure n’était plus aux querelles de clocher. L’urgence impose un sursaut patriotique. « L’objectif, c’est la cohésion nationale et le développement du pays », a-t-il déclaré, posant les jalons d’une initiative qui se veut transpartisane.

Vers un « front commun » contre l’occupant

Au-delà des réformes institutionnelles classiques, ce dialogue est avant tout pensé par Kinshasa comme une arme de mobilisation générale. Devant le pupitre, Patrick Muyaya a évoqué avec insistance la mise en place d’un « front commun des Congolais ». Une union sacrée dont la priorité absolue est d’ordre territorial.

Selon le ministre, ce front aura principalement pour objectif « la libération de certains espaces occupés par ceux qui ne devraient pas les occuper ». Une allusion transparente aux territoires du Nord-Kivu sous emprise des rebelles du M23, soutenus par Kigali.

« Le président de la République a été très ferme sur le sujet », a insisté Patrick Muyaya face aux rédacteurs.

Pas question, donc, de négocier une quelconque partition ou de faiblir sur l’intégrité territoriale. Pour l’exécutif, ce dialogue national n’est pas conçu comme une tribune de partage de gâteau de pouvoir, mais comme un conseil de guerre politique où l’opposition et la société civile sont sommées de faire bloc.

« Unissons-nous pour vaincre l’aventure rwandaise »

La rhétorique se veut offensive, à la mesure de la tragédie qui se joue dans l’Est. En appelant à la cohésion devant les caméras, le gouvernement a désigné clairement l’adversaire. « Unissons-nous pour vaincre l’aventure rwandaise », a lâché le ministre dans une formule choc, captée par les dictaphones, qui résume l’état d’esprit actuel de la présidence congolaise.

Pour le pouvoir, le succès de ce dialogue se mesurera à sa capacité à taire les divergences internes pour cristalliser l’énergie nationale contre l’agression extérieure. Reste à savoir si l’opposition, souvent échaudée par les grand-messes politiques congolaises, acceptera de s’aligner derrière ce narratif de l’union sacrée sans obtenir de sérieuses garanties sur la gouvernance et le processus démocratique. Le message est passé, les cartes sont sur la table.

Salomon BIMANSHA

Étiquetté :

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *