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KINSHASA – Le dernier voyage de la « Marie Louise » de Wendo

Elle n’était pas seulement une femme du siècle dernier : elle incarnait le premier grand mythe de la rumba congolaise. Marie-Louise Ilomba Ekanga, entrée vivante dans la légende sous les traits de la mythique « Marie Louise » chantée par Wendo Kolosoy, sera inhumée ce mardi 4 août 2026 au cimetière de Kintambo, au cœur de Kinshasa, confirment plusieurs médias locaux.

S’extinguant le 21 juillet dernier à l’âge vénérable de 107 ans, cette figure tutélaire referme un chapitre fondateur du patrimoine culturel d’Afrique centrale.

Aux origines du mythe

L’histoire remonte à 1948. Le jeune Antoine Wendo Kolosoy sort un morceau 78 tours qui va bouleverser l’histoire musicale du continent. En célébrant les charmes et le caractère de Marie-Louise Ilomba, le pionnier de la rumba déclenche un véritable phénomène de société. La chanson rencontre un succès fulgurant dans toute l’Afrique équatoriale, à tel point que les autorités coloniales belges et l’Église catholique s’en alarment : la légende populaire prétend alors que le morceau possède des vertus mystiques, voire qu’il a le pouvoir de ressusciter les morts. Le titre est un temps censuré, Wendo menacé d’arrestation, mais le mythe est définitivement scellé.

Un symbole national

Si Wendo Kolosoy a tiré sa révérence en 2008, Marie-Louise Ilomba Ekanga est restée, au fil des décennies, le témoin silencieux mais vénéré de cette époque dorée où Léopoldville devenait la capitale incontestée de la musique africaine.

Sa disparition marque la fin d’une ère. Ce mardi à Kintambo, entre ferveur populaire et hommage institutionnel, Kinshasa ne raccompagnera pas seulement une centenaire à sa dernière demeure : la capitale congolaise saluera le visage féminin par lequel la rumba est devenue une histoire d’éternité.

SALOMON BIMANSHA

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