Accueil / Politique / RDC : L’UDPS siffle la fin de la récréation médiatique

RDC : L’UDPS siffle la fin de la récréation médiatique

C’est un rappel à l’ordre qui sonne comme un coup de semonce. Face à la multiplication des « communicants » autoproclamés et des dérapages en direct, le parti présidentiel verrouille sa parole officielle. En ligne de mire : la crédibilité d’une formation qui ne veut plus être comptable des excès de ses prétendus soutiens.

L’ambiance est électrique dans les états-majors politiques de Kinshasa, et l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS/Tshisekedi) a décidé de reprendre la main sur son récit. Dans un communiqué officiel daté du 25 avril 2026, signé de la main d’Augustin Kabuya Tshilumba, président par intérim du parti, la présidence de la formation au pouvoir tape du poing sur la table.

« Je ne connais pas ce monsieur »

Le constat est amer pour le parti de la « 10ème rue Limete » : les plateaux de télévision et les réseaux sociaux sont devenus le théâtre d’une cacophonie où le meilleur côtoie souvent le pire. Des intervenants, s’attribuant indûment l’étiquette de représentants de l’UDPS, multiplient les déclarations tonitruantes, les attaques personnelles et, parfois, des prises de position aux antipodes de la ligne officielle.

Pour la direction du parti, la coupe est pleine. Le communiqué est d’une clarté chirurgicale : l’UDPS décline toute responsabilité quant aux « dérapages verbaux » constatés. En clair, le parti refuse d’endosser la paternité des outrances de ceux qu’il considère désormais comme des électrons libres, voire des imposteurs médiatiques.

L’exigence du « mandat explicite »

Mais au-delà du simple désaveu, c’est une véritable procédure d’accréditation que tente d’imposer Augustin Kabuya. Désormais, pour prétendre parler au nom du parti, il faudra montrer patte blanche — ou plutôt, papier officiel. Le communiqué exhorte les médias à une « vigilance accrue » et exige que tout représentant officiel soit en mesure de présenter un document dûment signé attestant de son mandat.

« Toute personne se prétendant représentante officielle du Parti doit être en mesure de présenter un document dûment signé attestant qu’elle détient un mandat explicite à cet effet. »

Cette manœuvre vise un double objectif. D’une part, protéger l’image de la « Haute Autorité Politique de Référence » (le Chef de l’État) des éclaboussures de débats souvent mal maîtrisés. D’autre part, professionnaliser une communication politique qui, en RDC, souffre encore trop souvent d’un amateurisme militant aux conséquences diplomatiques et sociales parfois lourdes.

Un test pour la presse kinoise

En appelant à un « environnement d’expression sain et professionnel », l’UDPS place également les médias devant leurs responsabilités. Dans un paysage médiatique kinois ultra-concurrentiel où le « buzz » prime parfois sur la vérification, l’exercice s’annonce périlleux.

Reste une question : cette tentative de centralisation de la parole pourra-t-elle museler les partisans les plus zélés à l’heure de l’instantanéité numérique ? À Kinshasa, où la politique est un sport national qui se joue autant dans les « parlements debout » que dans les studios feutrés, le défi est de taille. Le parti au pouvoir vient de tracer une ligne rouge. Reste à voir qui osera encore la franchir.

Salomon BIMANSHA

Étiquetté :

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *