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Adieu Kenji Ohba : Le Shérif de l’Espace a rejoint les étoiles

Il était l’acier brillant des mercredis après-midi, le héros qui ne trichait jamais avec la pesanteur. Kenji Ohba, l’interprète mythique de X-Or, vient de s’éteindre. Avec lui, c’est une part de l’enfance de la génération Récré A2 qui s’évapore dans la galaxie.

La fin d’une ère de chrome

Il y avait dans son regard une intensité que le casque de métal ne parvenait jamais totalement à masquer. Kenji Ohba n’était pas qu’un acteur de série pour enfants ; il était le dernier samouraï d’un genre, le tokusatsu, qu’il a porté à bout de bras, de sauts périlleux et de sueur.

Apprendre sa disparition, c’est accepter que le temps a fini par rattraper l’homme qui, jadis, terrassait les monstres de C-Rex en moins de temps qu’il n’en faut pour prononcer une incantation. Ohba n’était pas de ceux qui attendaient qu’une doublure prenne les risques à leur place. Membre d’élite de la Japan Action Club, il était le corps, le souffle et la chute.

Un pont entre deux mondes

Si la France l’a tant aimé, c’est que Kenji Ohba incarnait une forme de noblesse athlétique. Entre deux batailles dans l’espace, son personnage de Gavan (X-Or chez nous) savait redevenir cet homme simple, proche de la terre, capable de transmettre des valeurs de courage et de persévérance sans jamais tomber dans la leçon de morale poussiéreuse.

Son héritage dépasse largement les frontières de l’archipel nippon. De Quentin Tarantino, qui l’avait casté par pur respect cinéphile dans Kill Bill, aux milliers d’animateurs et de cascadeurs qu’il a inspirés, Ohba a prouvé qu’un héros en armure de chrome pouvait avoir une âme de cristal.

L’immortalité du « Chiffon Rouge »

Certes, le « Morox » ne vrombira plus et le laser-lame restera au fourreau. Mais Kenji Ohba laisse derrière lui bien plus que des souvenirs d’effets spéciaux artisanaux. Il laisse l’image d’un artisan total, un homme pour qui le divertissement était un sacerdoce physique.

Ce soir, le ciel de notre enfance est un peu plus sombre. Mais en regardant bien vers la constellation de la Grande Ourse, on croira peut-être voir un éclat plus brillant que les autres. Ce n’est pas une étoile, c’est l’armure d’un shérif qui, enfin, se repose.

Sayonara, Ohba-san. Le monde est un peu moins sûr sans sa sentinelle spatiale.

Salomon BIMANSHA

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